De Hong Kong à Hanoï
Quand j’ai posté mon itinéraire sur facebook, Philippe a commenté en disant que Hong Kong n’est qu’un immense centre d’achat. C’est un point de vue. Nathalie a d’ailleurs répliqué qu’elle n’était pas du tout d’accord. C’est un autre point de vue.
Au sujet des points de vue, juste derrière le centre-ville de Hong Kong, il y a une montagne, un peu à la façon de notre Mont-Royal. Mais tout est démesuré à Hong Kong, et le peak est pas mal plus abrupte, et pas mal plus haut que notre petit monticule urbain. On peut s’y rendre à pied, ou en voiture, mais les touristes empruntent le peak tramway, qui y monte en ligne droite.
Au sommet, sur la plate-forme qui y donne un point de vue époustouflant, j’ai ai rencontré Craig, un New-Yorkais d’origine, habitant au Colorado, ex-professionnel de la finance qui voyage en Asie pour faire de la photo en attendant le début de son contrat de prof d’histoire (!) (oui, il a changé de carrière) dans une ville en Chine dont je n’ai pas retenu le nom (c’est du chinois quand même;-). Continue Reading »
Être à Hong Kong

Hong Kong a une odeur tropicale. C’est la première chose qui m’a frappé en arrivant. Je m’attendais au reste, i.e. à l’aéroport moderne, au train rapide et pour se rendre de l’aéroport au centre-ville, aux panneaux écrits en chinois mais parfois avec un sous-titre anglais… La même odeur qu’à Cuba ou en République-Dominicaine.
J’ai marché entre la gare de train et l’hôtel. Avec mon sac à dos et mes détours inutiles, c’est sûr que je ne dupais personne : je suis un touriste qui vient de débarquer. Ça m’a pris quelques minutes pour figurer comment avoir accès à ces passerelles de piétons qui relient les deuxièmes étages des buildings en faisant office de trottoir. Continue Reading »
Départ de Montréal
A l’aéroport de Montréal, sur des pubs d’une banque : Il y a presque deux fois plus de gratte-ciel à Hong Kong qu’à New York.
Réflexion : j’aurai visité des « villes du monde » comme Toronto, Seattle, Paris, Genève, Londres, Casa Blanca, Marrakech, Douala, Hong Kong, Hanoi, Bangkok et Tokyo… avant de visiter New York. Il y a quelque chose d’absurde là-dedans quand on habite à Montréal. Faudra y remédier (à propos de New York, pas Montréal).
Soirée de banquiers
J’écoutais Lucien Bouchard hier soir. Quel homme passionnant! Quel homme passionné! Et quel homme complètement inconscient de ses contradictions.
J’étais invité par BMO à une soirée sur le thème de la relève du monde des affaires. Les logos à l’avant de la salle donnaient le ton : RSM Richter Chamberland, Davies Ward Phillips & Vineberg, BMO Groupe financier. Le dress code aussi: 95% des hommes portaient un complet veston sombre et cravate. Dans les 5% restant, quatre ne portaient pas de cravate (dont moi) et un poussait l’excentricité jusqu’à ne pas s’être vêtu de l’uniforme. L’un d’eux a d’ailleurs reçu mes félicitations pour ça. Ah oui, il y avait aussi des femmes. Quelques-unes.
Nous étions dans l’univers de la droite économique.
Subventionnons l’industrie pétrolière!
Je ne connais personne qui soit en faveur des subventions à l’industrie pétrolière. Je ne connais même personne qui puisse m’expliquer pourquoi on subventionnerait l’industrie pétrolière. C’est pourtant ce que nous faisons. Le gouvernement fédéral verse chaque année 1 400 millions $ à l’industrie pétrolière en subventions, crédits d’impôts et autres.
Pendant la même période, le budget total d’Environnement Canada (qui a la responsabilité de la lutte contre les changements climatiques, de la protection de la biodiversité, des prévisions météo, etc.) était de… 850 millions $.
Pour chaque 1$ qu’il dépense pour l’environnement, météo incluse, le gouvernement fédéral donne 1,55$ à l’industrie pétrolière.
Pourquoi? Pourquoi, surtout, considérant ceci:
En mars 2010, le plus haut fonctionnaire du ministère des Finances envoyait un mémo au ministre Jim Flaherty pour lui recommander de cesser ces subventions qu’il qualifiait d’inefficaces. Dans ce mémo, il demandait au ministre de s’engager à éliminer ces subventions au G20 à Toronto l’été dernier. Ce mémo révèle aussi que le ministre fédéral de l’Environnement Jim Prentice avait demandé à M. Flaherty d’inclure des mesures de réduction de ces subventions lors du dernier budget fédéral. Aucun de ces changements n’a été effectué.
Par ailleurs, le principal programme fédéral pour la promotion des énergies renouvelables a été grandement amputé au cours de la dernière année. (Source)
Aujourd’hui, le gouvernement sortant fait campagne en se positionnant que étant le seul capable de bien gérer l’argent de vos impôts et vos taxes. Visiblement, il le gère bien, mais selon ses priorités, peut-être pas les vôtres.
(Crédit photo : Lars Christopher Nøttaasen)
90% des Québécois sont aussi riches que 90% des Américains, mais…
L’affirmation « les Américains sont plus riches que nous » est vraie. Les chiffres sont incontestables. Mais de quels Américains parle-t-on?
- 90% des Québécois sont aussi riches que 90% des Américains… mais les Américains doivent travailler 14% de plus pour arriver au même résultat.
- A heures de travail égales, 99% des Québécois sont aussi riches que 99% des Américains.
L’affirmation suivante est donc tout aussi vraie, mais beaucoup plus précise :
« Le 10% des plus riches sont plus riches aux Etats-Unis qu’au Québec. Pour les 90% qui restent, le pouvoir d’achat est exactement le même. Mais pour avoir exactement la même chose, ces 90% des Américains doivent travailler deux semaines et demi de plus par année, tout en bénéficiant de beaucoup moins de protection sociale. »
En d’autres termes, quand ont dit que le modèle américain est meilleur que le modèle québécois…
- C’est clairement vrai uniquement pour les 1% plus riches.
- C’est plus ou moins vrai, avec nuances, pour les 9% qui suivent. (Niveau de vie supérieur, mais en travaillant deux semaines et demi de plus. Si on enlève ces deux semaines et demi, c’est le même niveau de vie!)
- C’est carrément faux pour 90% des gens (90% des Américains ne sont pas plus riches que nous, même en travaillant deux semaines et demi de plus par année!)
Dire que le modèle américain est meilleur, c’est donc faire un choix moral : celui d’affirmer que l’intérêt personnel des 10% les plus riches (voire des 1% les plus riches, si on considère que deux semaines et demi de vacances ont une certaine valeur) est plus important que l’intérêt personnel de tous les autres. Parce que, je le répète, l’affirmation « le modèle américain est meilleur » est une fausseté pour 90% des gens d’un bord et l’autre de la frontière.
Sauf erreur, aucun de ces chiffres n’est contesté, même par les économistes de droite. Merci à Jean-François Lisée pour avoir parti le débat!
J’aime bien quand certaines certitudes sont ébranlées par un petit reality check.
Le voyage et les élections
Mon amie :
» Écris moi un truc. What ever what. Sur le printemps. Écris-moi un truc sur le déclenchement des élections… Tiens sur Michael Ignatieff. Non! Sur Jack Layton quin! Écris moi un truc. J’ai envie de te lire. »
La vie est un voyage, pas une destination
Avoir 30 ans
Il y a des fois où je sens que j’ai 30 ans. Comme là, maintenant. Pas parce que je me vois « jeune » de mentalité ou de corps, ou que je fais semblant d’avoir été élevé aux émissions pour enfants des années 1980. Non, juste parce que je suis rendu là. Genre, que dans les années passées j’ai fait ça et ça, que là je suis rendu là, et que le next step est ça et ça.
Quelque part, j’ai l’impression d’être rendu là où j’aurais dû être à 30 ans.
Remarquez, j’aime le feeling.

Cette photo est un autoportrait pris durant un voyage de canot
en solitaire sur les rivières Bazin, Coucou et Gatineau
à quelques jours de mes (réels) 30 ans.
Joyeux jour du souvenir
Quand un pays participe à l’attaque d’un autre pays, y chasse du pouvoir un groupe spécifique, puis pendant des années continue à combattre la guérilla de ce groupe, est-ce qu’on appelle ça une guerre?
J’ai beau virer ça de tous bords et tous côtés, me semble que oui.
Me semble, logiquement, qu’en ce jour du souvenir, on devrait se rappeler que le Canada est en guerre en Afghanistan depuis 9 ans?
Les environnementalistes mettent-ils toujours le pied sur le frein?
Le débat s’est d’abord déroulé sur Facebook. J’y ai cité un article de Foglia, François (avec qui j’ai déjà travaillé) l’a commenté, Kathy (une amie) a réagi à son commentaire, puis François a écrit un article en réponse.
J’ai commenté son article (c’est cool quand même les médias sociaux, c’est plein de discussions!). Je recopie ici ma réponse pour ceux qui n’ont pas de compte Facebook. Pour les autres, allez d’abord allez lire son article :
Les environnementalistes mettent-ils toujours le pied sur le frein?
Voici donc ma réponse.
François, comme tu le sais, je suis un capitaliste, propriétaire de mon entreprise et investisseur à la bourse. Et je ne me décrit même PAS comme « ecocapitaliste ».
C’est dans ce contexte que je te dis que tu oublies un facteur très important…, qui est pourtant à la base des sciences économiques: l’intérêt personnel.
Pour l’investisseur, la protection de l’environnement est un coût, donc réduit les profits. C’est une nuisance à éliminer du projet. Il acceptera de faire cette dépense seulement si le coût de ne pas la faire est plus grand: coût règlementaire (projet non autorisé), coût au niveau des communications (relations publiques), coût au niveau du marketing (boycott), coût social (adhésion à son projet), etc.
Si, comme tu le préconises, les environnementalistes se réjouissaient a priori de tout nouveau projet visant à exploiter les ressources naturelles, les promoteurs de ces projets répondraient « merci beaucoup » et fermeraient le dossier « environnement ».
Pourquoi iraient-ils gaspiller leur argent pour éviter une pollution si cette pollution serait sans conséquence?
Contrairement à une certaine pensée magique, l’économie et l’environnement s’opposent constamment. La raison? L’environnement est un coût externalisé! Concrètement: assumés par d’autres.
Pour que l’environnement et l’économie soient compatibles, il faudrait que ces coûts soient internalisés. Votre compagnie a généré 100M$ de profit? C’est bien. Mais votre impact environnemental est évalué à 85M$, donc voici une taxe de 85M$. Là, comme le propose Jocelyn Chouinard, l’action économique commencerait à être vraiment cohérente avec l’action écologique.
Les résistances à un tel changement seraient tellement grandes que cette idée n’est qu’une utopie…
Entre temps, eh bien on continue à dégrader l’environnement au nom de l’économie.
Un exemple est l’effet de serre. Si les modèles climatiques sont exacts (svp, n’entrons pas dans ce débat et acceptons le « si »), la prévention doit se faire maintenant, et les coûts de cette prévention doivent donc être assumés par toi et moi. En ne faisant rien comme actuellement, nous prenons le risque (peu importe s’il est très faible ou très élevé, ce n’est pas mon point) de faire porter le coût des conséquences par nos enfants et nos petits enfants.
C’est exactement ce qu’on fait: on externalise les coûts (petits ou grands) vers les générations futures!
Et ceux que tu qualifies d’écosocialiste devraient, a priori, s’en réjouir?
Quelle ville définira le 21e siècle?
Quelle ville définira le 21e siècle?
«Pour moi, Berlin définit le XXe siècle. Berlin dans les années 20, c’était la ville la plus libérale d’Europe. Vous y trouviez tout ce que vous vouliez, sexe, drogues, cabarets. Les années 30 ont été celles de l’apparition et de la montée de politiques nouvelles. Elle est ensuite devenue le centre de la Guerre froide. Et aujourd’hui, elle est un grand centre corporatif.»
- Philippe Kerr, romancier.
Je me demande: au début du 22e siècle, quelle ville du globe pourra être ainsi qualifiée de ville qui aura défini le 21e? Peut-être Shanghai. Peut-être Moscou. Peut-être Dehli. Ou São Paulo. Mais quelque chose me dit que ça ne sera ni Paris, ni Londres, ni New-York, ni Los Angeles.
Pourquoi le psychodrame du recensement?
Pourquoi le gouvernement canadien a-t-il déclenché tout ce psychodrame inutile autour du recensement? Imbécilité et incompétence? Je refuse de croire à cette opinion.
Voici ma réflexion:
- Nos politiciens ne sont pas des imbéciles. Ça prend au contraire beaucoup d’intelligence pour obtenir ce genre de job là.
- Le recensement n’était pas un enjeu. Sauf erreur, il n’y avait eu que trois plaintes. (Parenthèse: les « nombreuses plaintes » visaient le fait que le contrat ait été accordé à Lockheed Martin, dont le slogan est « We never forget who we’re working for » et dont le principal client est l’armée américaine, et qui était soumise au Patriot Act, permettant au gouvernement américain d’avoir accès aux données privées, donc potentiellement à celles du recensement canadien). Pourquoi alors en avoir fait tout un plat?
- Le Canada a besoin de données fiables. Sans le questionnaire obligatoire, le gouvernement devra trouver d’autres solutions.
- L’autre solution, c’est de permettre aux différentes parties du gouvernement (ministère, agences, etc.) de recouper les informations. Actuellement, c’est interdit. Les pays qui n’ont pas de recensement obligatoire (la Suède par exemple) procèdent ainsi. Si le recensement est torpillé, on peut prévoir que cette solution sera appliquée dans quelques temps.
- Résultat : le gouvernement, et surtout toutes ses extensions liées à la « sécurité », pourront fouiller dans la vie privée des gens. Certains pensent que c’est une très bonne idée.
En effet, les conservateurs sont contre un gouvernement fort pour tout ce qui touche l’environnement, la redistribution de la richesse (i.e. les impôts), les règlementations et toutes les autres mesures sociales. Mais ils sont pour un gouvernement fort pour tout ce qui touche la Loi et l’Ordre: la police, l’armée et, de façon générale, la « sécurité ».
C’est, selon moi, la meilleure explication de tout ce psychodrame du recensement.
Qu’en pensez-vous?
La guerre en Afghanistan enfin expliquée
La guerre en Afghanistan enfin expliquée…
Kayak de mer au Bic
Cool weekend de trois jours en kayak de mer au Bic avec Détour Nature : une très belle gang, une superbe météo, des phoques et des rorquals, des bonnes bouffes… sans oublier nos deux guides, Francisca et Emmanuelle, qui ont fait un travail vraiment super!

.

.

.

.

.

.

.
Omar Khadr est innocent

Omar Khadr est innocent. Ou plutôt, tout indique qu’il l’est. Voici un résumé du dossier de ce jeune Canadien arrêté, enfermé et torturé au nom de la guerre au terrorisme
- Il est Canadien. Sa famille est d’origine afghane.
- Comme la très grande majorité des ados de 15 ans, il a la même culture que ses parents. Dans le cas de vos ados, cela suppose peut-être d’être athée, d’aimer les bons films et de manger une pizza à l’occasion. Dans son cas, cela suppose d’être un islamiste pro-taliban.
- Sauf erreur, il est déjà en Afghanistan en 2001 lorsque l’armée américaine et ses alliés ont envahi le pays.
- En juillet 2002, l’aviation américaine bombarde la maison où il se trouve, tuant tout le monde sauf lui (et peut-être un autre). Il est grièvement blessé.
- Le bombardement est immédiatement suivi d’une opération au sol d’un commando américain.
- Selon l’armée américaine, il aurait alors lancé une grenade contre un soldat et l’aurait tué. Cela est controversé, puisque le premier rapport des soldats impliqués dans l’attaque aurait dit que celui qui a lancé la grenade a été tué, et que de toute façon Omar Khadr était trop blessé pour lancer une grenade. Mais que ce rapport aurait été par la suite modifié.
- Il a été arrêté, puis emprisonné à Guantanamo. Il y a été torturé (cela est abondamment documenté).
- Il sera jugé au cours des prochains jours. S’il est condamné, il passera le reste de sa vie en prison.
Pourquoi est-il innocent?
- Si on considère qu’il était soldat, il était un enfant-soldat. Juger un enfant-soldat est contre les conventions internationales.
- Si on considère qu’il n’était pas un soldat, il était nécessairement un civil, ou plus précisément un civil se défendant contre une armée étrangère qui envahissait un pays. Peut-être que je me perds dans les nuances légales, mais selon ce que je comprends, quand le pays A envahi le pays B, les civils du pays B ont le droit de se défendre par tous les moyens à leur disposition. Cela inclut de lancer une grenade à un soldat membre d’une armée qui vient de tuer toutes les personnes avec qui vous étiez. C’est, sauf erreur, ce que disent les conventions internationales.
Peu importe son statut d’enfant-soldat ou de civil, on peut raisonnablement conclure qu’il avait de très sérieuses raisons de croire que sa vie était immédiatement en danger. Notamment :
- L’armée qu’il affrontait venait de tuer toutes les personnes avec qui il était.
- Il aurait été lui-même tiré dans le dos, alors qu’il était déjà blessé.
Une personne qui a de très sérieuses raisons de croire que sa vie est immédiatement en danger a le droit de défendre sa vie. Cela inclut le droit de tuer toute personne qui menace immédiatement sa vie. Comme un soldat ennemi, membre d’une armée qui vient de tuer toutes les personnes autour…
Enfin, ses conditions de détention discréditent complètement le système judiciaire. Il a été torturé. On ne parle pas ici d’une baffe d’un gardien un peu trop zélé. On parle d’un programme planifié et exécuté sur de très longues périodes. Cela aussi est contraire aux conventions internationales.
Bref, si on reconnaît que les droits fondamentaux s’appliquent à cet homme, il doit être innocenté.
Et si on considère qu’Omar Khadr est coupable, il faut réécrire les livres d’histoire. Par exemple, nous glorifions les résistants français qui ont continué à faire la guerre aux nazis longtemps après que leur pays ait été occupé par les Allemands durant la Seconde guerre mondiale. Qu’ont-ils fait de différent de ce qu’on reproche à Omar Khadr?
Évidemment, il y a une petite différence : les résistants français étaient de notre côté, pas Omar Khadr. Mais considérer que les droits fondamentaux ne s’appliquent qu’aux gens qui sont de notre côté n’est pas une caractéristique d’une démocratie. C’est une caractéristique d’un État policier ou d’une dictature.
En d’autres termes, nier les droits fondamentaux d’Omar Khadr, c’est prôner les valeurs et les principes d’un État policier ou d’une dictature.
Je tiens à souligner que le gouvernement actuel du Canada nie les droits fondamentaux d’Omar Khadr.
Pour en savoir plus :
- Cyberpresse (André Pratte) : Khadr abandonné
- Wikipedia : Omar Khadr
- Google News : Omar Khadr
G20 : que c’est-il passé à Toronto?

Que c’est-il passé au G20 de Toronto, pendant lequel 1000 personnes ont arrêtées? Voici un résumé de la situation à l’intention des gens qui n’ont pas suivi l’actualité des derniers jours. J’ajoute mon interprétation personnelle des événements.
D’abord quelques précisions :
- Je suis en désaccord avec les trois quarts des idées défendues par les manifestants. Notamment, je suis un capitaliste qui est propriétaire de sa propre compagnie, qui a des multinationales comme clients, et qui investit à la bourse.
- Je suis en total désaccord avec les idées et les méthodes du Black Bloc et autres vandales. Selon moi, ces gens devraient être arrêtés et jugés.
- Je ne suis impliqué dans aucun groupe de manifestants ou d’activistes.
- J’ai ajouté quelques sources d’information complémentaire qui me semblent crédibles : reportages dans des grands médias traditionnels, vidéo sur Youtube, documentation officielle du gouvernement, etc. Pour ne pas alourdir inutilement, je n’ai pas documenté les faits qui sont connus et considérés vrais par (presque) tous.
Donc voici le résumé des événements et la conclusion troublante que j’en tire.
Lors de la rencontre du G20 les 26 et 27 juin à Toronto, des milliers de personnes ont manifesté pour exprimer des valeurs et des idées divergentes de celles prônées par le gouvernement. La très grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Manifester ainsi est un droit protégé par la Loi. Malheureusement, certains manifestants, masqués et habillés de noir (qu’on nomme généralement Black Bloc), ont fait du vandalisme. Ces vandales ont pu briser des vitrines et incendier des voitures sans être vraiment inquiétés par les forces de l’ordre.
- Wikipedia : Black Bloc
L’inaction des policiers est très surprenante considérant les ressources sont ils disposaient (environ un milliard de dollars). Par exemple, les policiers auraient amené une voiture dans la foule puis se seraient retirés en la laissant là, sans protection. Les vandales qui l’ont incendié n’ont aucunement été inquiétés.
Selon certains témoignages, aussi surprenant que cela puisse paraître, les policiers auraient reçu l’ordre de ne pas intervenir contre les vandales.
- Toronto Sun : Cops had hands ‘cuffed
Plusieurs activistes sont convaincus qu’une partie significative de ces vandales sont en réalité des agents provocateurs de la police. Il n’y a actuellement aucune preuve démontrant l’utilisation d’agents provocateurs au G20. Rappelons cependant que la SQ a avoué que, lors du somment de Montebello, une partie des Black Blocs étaient en réalité des policiers déguisés. Ils ont été découverts lorsque l’un d’eux a refusé de laisser tomber une roche. L’utilisation passée d’agents agents provocateurs par la GRC est aussi très bien documentée.
- Commission McDonald : Abus du service de sécurité
- Youtube : Agents provocateurs de la SQ qui refuse de lâcher sa roche (La SQ a ensuite confirmé qu’il s’agissait bien de policiers.)
- Le Devoir : G20: la police aurait utilisé des agents provocateurs
Alors qu’ils n’intervenaient pas contre les vandales, les policiers ont arrêté environ 1000 autres personnes. C’est la plus grande arrestation de masse de l’histoire du Canada.
La très grande majorité des personnes arrêtées ne participaient à aucune action illégale: assis dans un parc, en train de dormir en pleine nuit, etc. Les policiers ont souvent utilisé une violence qui semble complètement injustifiée contre des manifestants (qui, rappelons le, n’avaient strictement rien à se reprocher) : coups de poing au visage, coups de matraque partout sur le corps, balles de caoutchouc, gaz lacrymogènes, charge à cheval, etc.
De très nombreuses arrestations ne visaient pas une personne en particulier qui aurait commis un crime, mais étaient plutôt un coup de filet visant l’ensemble d’un groupe.
Les forces de l’ordre ont diffusé des informations fausses pour expliquer ces arrestations, notamment en exhibant des « armes » qui n’ont aucun rapport avec les manifestants ou le G20.
- Radio-Canada : La police de Toronto encore prise en défaut
Pendant ce temps, selon les témoignages, les personnes arrêtées ont vécu des conditions de détention pénibles et humiliantes : température glaciale, pas de lit ni couverture pour dormir, privation d’eau et de nourriture, fouilles à nu, etc.
- Cyberpresse : Soixante heures à Torontonamo
La majorité des personnes arrêtées ont finalement été relâchées sans qu’aucune charge ne soient portées contre elles, démontrant que leur arrestation était injustifiée.
Certaines personnes sont accusées de délits criminels, comme de complot par exemple. Elles devront se défendre devant les tribunaux. Dans ce genre de situation, souvent les manifestants arrêtés finissent par gagner et être innocentés, mais seulement après tous les désagréments que cela suppose : perte d’argent, perte de temps, inquiétudes, restrictions imposées par la cour, atteinte à la réputation, etc.
Ces méthodes d’intervention policière sont conformes à ce qui est connu comme le « Protocole de Miami », qui vise à discréditer et décourager les manifestations pacifiques.
- Toronto Star : When police stick to phony script
Une question demeure: pourquoi? Pourquoi un tel fiasco?
Comme lors d’une enquête policière, la première question à se poser est à qui profite le crime.
Ma réponse est une hypothèse. Je n’ai pas de preuves directes que telle était l’intention, mais les preuves circonstancielles sont nombreuses.
Lorsque les rues se remplissent d’une foule qui exprime des valeurs et des opinions divergentes des siennes, un gouvernement fait face à une contestation forte et difficile à combattre. Le vandalisme joue alors en faveur du gouvernement :
- La population est dégoutée face au vandalisme, avec raison d’ailleurs. L’ensemble des manifestants s’en trouve discrédités. Le message des manifestants ne convaincra alors personne.
- Dégoutée par ce vandalisme, une partie significative de la population croient que la violence des policiers (coups de poing, etc.) et les arrestations arbitraires sont justifiées. Cette violence et ces arrestations découragent plusieurs manifestants à continuer à s’impliquer. Aussi (surtout?), cela décourage les gens qui partagent les valeurs ou les opinions à commencer à s’impliquer. Les manifestations et autres contestations futures, pourtant tout à fait légales, et s’en retrouvent beaucoup moins populaires.
Est-ce que le vandalisme a été souhaité par le gouvernement pour « briser » les manifestants? Je n’ai pas trouvé une autre explication qui serait compatibles avec les faits.
La situation est assez troublante que des dizaines de milliers de personnes réclament une enquête indépendante. J’en fais partie.
- Groupe Facebook : Canadians Demanding a Public Inquiry into Toronto G20
Voir aussi l’article de Philippe Le Roux :
- Sur Facebook : J’ai peur
- Le même texte repris sur Agoravox : Le Canada me fait peur
Etienne Denis
——————
J’ai écrit ce texte à titre personnel, sans lien avec mon emploi ou mes investissements. Vous êtes libres de le reproduire, incluant pour une utilisation commerciale, tant que vous ne le modifiez pas (vous devez donc conserver les hypertextes et la signature). La photo est sous licence Creative Commons de twitter.com/joshkowaleski.
G20 : le problème avec les bavures policières
Réflexion par rapport au travail des policiers durant le G20 :
- Quand un policier fait des bavures contre des gens qui n’ont absolument rien à se reprocher, on a u problème avec un individu.
- Quand durant un événement ces bavures sont généralisées, on a un problème organisationnel.
- Et quand ceux qui ont fait ces bavures reçoivent des félicitations publiques de leurs grands patrons et de la classe politique, on a un problème de société.
Plus d’info : G20 : répression policière dénoncée
G20 : répression policière dénoncée
On peut tenter de discréditer les manifestants en les traitant d’anarchistes extrémistes casseurs. Voici un texte qui mets le travail des policiers en perspective. A noter qu’il a été écrit par un homme d’affaires respectés, patron de 80 employés (mais il précise qu’il a écrit cela à titre personnel, sans lien avec son emploi ou ses investissements). On est loin du voyou frustré, disons…
Voici l’article.
J’ai peur
Suite aux violences lors du G8/G20 à Toronto, je commence à avoir peur du pays dans lequel je vis, le Canada, ce pays dont la paix et le respect ont été longtemps des valeurs fondamentales mais qui sont abandonnées par les gouvernements et les autorités qui semble préférer le contrôle à tout prix.
Rappelons que la police a arrêté plus de 900 personnes durant cette fin de semaine agitée, soit deux fois plus que lors de l’imposition des mesures de guerre de Trudeau (436 arrestations). Pourtant je n’ai pas entendu parler ces derniers jours de bombes ayant explosé dans des boîtes aux lettres ou ailleurs, de ministres kidnappés, ni d’assassinats. Juste quelques chars de police maganés et quelques vitrines brisées, le « business as usual » d’une victoire en coupe Stanley. L’arrestation massive d’innocents par Trudeau a été vue historiquement comme une violation sévère des droits de l’homme et fait partie des moments « honteux » de l’histoire de ce pays. Le nombre de prisonniers relâchés sans accusation, donc innocents, depuis la fin du G20 dépasse déjà le nombre total d’arrestations par Trudeau et le budget consacré à cette répression sans précédent semble être le sujet important pour les politiciens et la plupart des médias.
Continue Reading »
Un oiseau incognito à Montréal : l’engoulevent

Photo: jroldenettel
J’ai lu récemment que les gens peuvent reconnaître 1 000 logos de compagnies, voire plus, mais en général moins d’une dizaine d’oiseaux habitant dans leur entourage immédiat.
Je suppose que c’est vrai. J’ai toujours eu l’impression que mon oiseau préféré, l’engoulevent, passait complètement inaperçu… alors qu’il est quand même très présent à Montréal!
Il faut dire que ce n’est pas un oiseau qu’on voit, mais un oiseau qu’on entend. Promenez-vous dans les quartiers résidentiels en été au coucher du soleil, et soyez attentif à son cri, et vous vous rendrez compte que les soirées de Montréal sont littéralement patrouillées par cet oiseau pourtant inconnu des Montréalais (à part ceux, bien sûr, qui font de l’observation d’oiseaux un passe-temps).
Ce qui est particulier de l’engoulevent, c’est son plongeon aérien. L’oiseau vol haut au-dessus des maisons, il crie des successions de « pzzziiiiii » en chassant les insectes. Le mâle en période de séduction (actuellement!) arrête leur vol et plongent à 45 degrés, prend beaucoup de vitesse, et remonte d’un coup sec avec un « zzzzzzzzzzouuuu » aérien.
De quoi je parle? Cliquez ici pour écouter.
L’été il pond ses oeufs sur les toits des bâtiments (enfin, je ne parle plus du mâle ici ;-). Quand l’automne arrive, l’engoulevent se tape quelques milliers de kilomètres et se réfugie en Amérique du Sud.

Photo : BobDevlin
Mon voyage préféré a été au…
On m’a demandé récemment quel était len voyage qui m’a le plus marqué, qui a été le plus intense. Il y en a deux. Les voici.
Le Cameroun en sac à dos
Il y a d’abord un voyage d’un mois au Cameroun, parti seul avec sac à dos, sans plan trop précis. Passer quelques jours en arrivant à Douala, la métropole, qui est très « métropole africaine », est assez particulier. Le centre-ville est à la fois un bazar et un capharnaüm impossible, avec certaines petites rues plein de monde qui marchent partout, et dans les rues principales un trafic halluciné de kamikaze en moto ou en bagnole déflaboxée! C’était intense, quelque part sur la frontière qui sépare d’une part le plaisir de la découverte, et d’autre part l’irritation générée par toute la pollution (odeurs, bruit, déchets… une grande ville du tiers-monde quoi!). Après ça, me retrouver sur une plage déserte avec du sable noir (!) à perte de vue, puis au sommet d’un volcan qui, quand même, était pas mal haut (4000+ mètres), après ça encore dans le nord du pays, dans une grande zone semi-désertique au sud du Sahara, en pays musulman où tout homme qui en a les moyens a deux femmes, disons que ça a fait un voyage assez remplis.
La George en canot
L’autre voyage qui m’a marqué est trois semaines de canot sur la rivière George, dans le Grand Nord. La rivière se termine à Kangiqsualujjuaq, au nord-est de Kujjuak. C’était très différent du Cameroun, ne serait-ce que je suis parti avec 4 autres gars, et que rendu sur place, à part ces 4 autres gars, il n’y avait absolument personne. C »était la toundra! La région est montagneuse, mais les plus hautes montagnes sont plus basses que le Mont-Royal. Et puisqu’il n’y a plus d’arbres dès qu’on quitte le micro-climat du bord de la rivière, c’est une région idéale pour la rando. Côté canot, la rivière est immense et les rapides franchissables (sauf exception, qui se portage). La pêche est exceptionnelle, et les mouches aussi. C’est un peu spécial comme « vacances d’été au Québec », puisque c’est tellement au nord que le soir on porte une tuque. Très beau voyage de plein air.
Mon voyage de canot dans le magazine Espace!
Voici le reportage que le magazine Espace a publié sur notre voyage de canot dans le grand nord québécois l’été dernier : Six gars au Nunavik. (Vous pouvez cliquer sur le coin des pages pour les tourner.)
And if it does’nt append, we would be the most happy people in the world
Un petit vidéo sur le oil peak et ses conséquences sur notre futur….
St-Valentin, Google et Paris
Une petite vidéo hyper romantique en l’honner de la St-Valentin. Le sujet : Paris, tel que vu à travers Google.





