холови гарнитуриLe débat s’est d’abord déroulé sur Facebook. J’y ai cité un article de Foglia, François (avec qui j’ai déjà travaillé) l’a commenté, Kathy (une amie) a réagi à son commentaire, puis François a écrit un article en réponse.
J’ai commenté son article (c’est cool quand même les médias sociaux, c’est plein de discussions!). Je recopie ici ma réponse pour ceux qui n’ont pas de compte Facebook. Pour les autres, allez d’abord allez lire son article :
Les environnementalistes mettent-ils toujours le pied sur le frein?
Voici donc ma réponse.
François, comme tu le sais, je suis un capitaliste, propriétaire de mon entreprise et investisseur à la bourse. Et je ne me décrit même PAS comme « ecocapitaliste ».
C’est dans ce contexte que je te dis que tu oublies un facteur très important…, qui est pourtant à la base des sciences économiques: l’intérêt personnel.
Pour l’investisseur, la protection de l’environnement est un coût, donc réduit les profits. C’est une nuisance à éliminer du projet. Il acceptera de faire cette dépense seulement si le coût de ne pas la faire est plus grand: coût règlementaire (projet non autorisé), coût au niveau des communications (relations publiques), coût au niveau du marketing (boycott), coût social (adhésion à son projet), etc.
Si, comme tu le préconises, les environnementalistes se réjouissaient a priori de tout nouveau projet visant à exploiter les ressources naturelles, les promoteurs de ces projets répondraient « merci beaucoup » et fermeraient le dossier « environnement ».
Pourquoi iraient-ils gaspiller leur argent pour éviter une pollution si cette pollution serait sans conséquence?
Contrairement à une certaine pensée magique, l’économie et l’environnement s’opposent constamment. La raison? L’environnement est un coût externalisé! Concrètement: assumés par d’autres.
Pour que l’environnement et l’économie soient compatibles, il faudrait que ces coûts soient internalisés. Votre compagnie a généré 100M$ de profit? C’est bien. Mais votre impact environnemental est évalué à 85M$, donc voici une taxe de 85M$. Là, comme le propose Jocelyn Chouinard, l’action économique commencerait à être vraiment cohérente avec l’action écologique.
Les résistances à un tel changement seraient tellement grandes que cette idée n’est qu’une utopie…
Entre temps, eh bien on continue à dégrader l’environnement au nom de l’économie.
Un exemple est l’effet de serre. Si les modèles climatiques sont exacts (svp, n’entrons pas dans ce débat et acceptons le « si »), la prévention doit se faire maintenant, et les coûts de cette prévention doivent donc être assumés par toi et moi. En ne faisant rien comme actuellement, nous prenons le risque (peu importe s’il est très faible ou très élevé, ce n’est pas mon point) de faire porter le coût des conséquences par nos enfants et nos petits enfants.
C’est exactement ce qu’on fait: on externalise les coûts (petits ou grands) vers les générations futures!
Et ceux que tu qualifies d’écosocialiste devraient, a priori, s’en réjouir?