Articles de la catégorie 'Petites histoires'


Le Collège Laval a bien changé…

Le Collège Laval a bien changé depuis l’époque, lointaine, où j’y étais pensionnaire. A l’époque, le collègue était géré par des frères, la cravate était obligatoire pour tout le monde (euh… il n’y avait pas de filles, évidemment) mais c’était cool parce qu’on n’était pas obligé de porter le veston. Je veux dire, il fallait bien sûr avoir un veston, mais on pouvait le déposer sur le dossier de la chaise.

Le Collège Laval a bien changé : je ne reconnais même pas les lieux où tout ça a été filmé!



 
 
 

La réaction des copains (suite de « Blackout et journée à l’urgence »)

C’est rigolo les réactions reçues des copains et copines à propos de cette histoire rocambolesque d’une mauvaise chute, d’un blackout total et d’un après-midi à l’hôpital (lire Blackout et journée à l’urgence pour les détails).

Voici quelques réactions reçues par courriel. Chacune d’entre elle en dit autant sur mon histoire que sur le copain ou la copine en question.

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Blackout et journée à l’urgence

Je ne sais pas comment c’est arrivé. Vers 10h45 ce matin, je suis à côté de ma voiture, sur la rue en face de chez moi. Journée ensoleillée, ça fait un bon trois heures que je suis levé, j’ai été actif, je me sens en pleine forme, je suis de bonne humeur. Je dépose mon laptop sur le banc avant côté passager et ouvre la portière arrière pour prendre mon manteau.

Il y a un blackout.

Zéro souvenir pendant deux, cinq, dix secondes… Peut-être plus?

Le prochain souvenir est que je m’assoie à l’avant, côté passager. J’ai le front en sang. Je suis confus. Je transpire. Je laisse la porte ouverte: j’ai peur de perdre connaissance. Je ne vois pas l’immense bosse qui ornera ma tempe droite: placez votre cellulaire sur votre tempe, vous avez une idée de la forme que prendra mon crane. Cliquez ici pour lire la suite… »



 
 
 

La deuxième chaise

Je suis au soleil. Assis dans la vitrine du Starbucks de l’avenue Mont-Royal, en plein soleil du matin et au chaud. Dehors il fait -12. On est samedi. J’écris à Stéphanie qui habite au Sierra Leone. Une jeune femme s’installe à quelques pas. Elle prend une deuxième chaise pour y déposer ses choses. Sa voisine lui passe un commentaire que je n’entends pas. Elle répond « je m’installe ». La voisine lui dit quelque chose d’autre. La jeune femme s’offusque « s’il faut que je me fasse juger… » Elle se lève et va replacer la chaise fautive. Je compte une bonne douzaine de chaises vides autour. Un autre client s’en mêle. Quelques phrases ironiques s’échangent. Dehors, un homme fouille la poubelle. Un camion de pompier passe. Un bambin de trois ans est tout énervé. Tout le monde retourne dans sa bulle. La voisine sort fumer une smoke. En revenant, elle dépose son manteau sur une deuxième chaise. Dans les haut-parleurs, un crooneur chante « When you kiss a dollar bill it doesn’t kiss you back. » Mon café est tiède.


D’autres petites histoires au style plus ou moins similaire sur ce blogue :

Et pour vous faire une idée du parcours de Stéphanie avant d’aboutir au Sierra Leone:



 
 
 

Ne travaillez pas ce soir

Les gars, Agent provocateur vous rappelle très gentiment que vous ne devez absolument pas travailler ce soir!



 
 
 

Phanie dépose sa maîtrise

Son sujet : comment les gens de Marseille ont vécu la dernière grande épidémie de peste.

En théorie, à l’époque (1720), les Marseillais étaient « habitués et préparés » à la peste. En pratique, les choses ne sont pas si simples que ça. Il y aurait même eu des négligences plus ou moins volontaires des autorités ayant favorisé l’épidémie. D’où l’intérêt d’une maîtrise en histoire. Si vous voulez en savoir plus : la peste de Marseille, sur Wikipedia.

Si c’est sur Phanie que vous voulez en savoir plus, ben… euh… elle est belle, fine, cool et plein d’autres choses. :-)

Toutes mes félicitations à la très-bientôt-maître-Phanie pour son projet ayant nécessité pas mal de détermination et des centaines d’heures de jus de cerveau!



 
 
 

Discussion fictive au cours de yoga

Ceci est une discussion fictive qui pourrait avoir lieu mercredi soir prochain.

Yoga Lyne St-Roch

Moi : Il me semble que le thé n’est pas assez chaud.

Elle : C’est quand même un thé gratuit… on est mal placé pour se plaindre.

Moi : Je ne me plains pas. C’est juste que tout le reste est très correct. Je suis très exigeant, mais non, je ne me plains pas. A thé gratuit on ne regarde pas la bride…

Elle : Tu suis un cours?

Moi : Oui. Le cours de débutant. C’est ma deuxième soirée. Et toi?

Elle : Qu’est-ce qui t’a convaincu de commencer à faire du yoga?

Moi : A part le fait qu’il y a beaucoup de jolies filles ici? Je ne sais pas… le plaisir de me connecter à moi-même… c’est dur à dire, je n’aurais probablement pas pris le cours si un collègue ne m’avait pas invité. Cliquez ici pour lire la suite… »



 
 
 

Le petit garçon aux allumettes

J’accompagne Nathalie jusqu’au métro Sherbrooke. Nous avons marché dans l’hiver. Il est 22h. Je lui fais la bise, et ma joue froide s’attends au plaisir d’une joue chaude. Mais Nathalie a elle aussi marché dans l’hiver, bien sûr. Je lui fais un hug et mes salutations. Un ado me demande si j’ai des allumettes. Il le demande avec empressement. C’est un bum. Son regard sent l’urgence. Je n’ai pas d’allumettes, il se détourne et repose la même question au prochain passant. Je sors de la station de métro, je rentre à la maison. Le petit garçon aux allumettes repose la même question à tous et chacun. Je continue sur le trottoir. Il court derrière moi. Son grand manteau est ouvert, comme s’il ne s’intéressait pas au froid. Il me dépasse sans me voir, il se rend au coin de rue. Il n’y a aucun passant. Il traversse et se dirige directement au premier bloc appartement. Va-t-il aller sonner aux portes pour avoir du feu?!? C’est barré. Il va au deuxième bloc. Il ouvre. Regarde à gauche et à droite, surexcité. Il étend son manteau dans un coin sombre et s’y agenouille. Quelqu’un lui a donné des allumettes. Il pourra se faire sa dose. Peut-être une seringue de coke. Ou du crack? Je marche sur le trottoir. J’arrête un taxi et j’embarque, au chaud.



 
 
 

Un photographe à Douala

gars de bar - douala

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Je suis dans l’un de ces bar-restos populaires de Douala où l’on ne voit jamais de blanc. Imaginez un bidonville. Prenez un shack au hasard dans votre bidonville imaginaire, enlevez le mur du devant et du côté pour en faire une terrasse recouverte, et voilà, vous avez un portrait assez juste du resto.

Il y a quelques gars assis aux tables. Au fond, une fille derrière un comptoir qui sert de la bière. À l’entrée, un petit barbecue avec des brochettes qui grillent (ça, c’est la cuisine du resto). Des restes de viandes jetés dans le caniveau, des tonnes de mouches autours de ces restes, plein d’autos qui klaxonnent… C’est Douala dans ce qu’il y a de plus typique.

Je prends une bière, il est midi.

C’est mon dernier jour à Douala. Mon avion part ce soir. Je n’ai pratiquement pas de photo de Douala. Je n’osais pas sortir ma caméra. Disons.

Je vais la sortir, et ça s’avèrera la plus stressante de mes aventures camerounaises.

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Le souvenir

C’est une histoire que j’ai souvent racontée à mon retour : au Cameroun, les rapports affectifs et sexuels entre hommes et femmes sont d’abord et avant tout des rapports économiques. Je le savais, mais le vivre a été un choc.

Imaginez la jeune fille, 24 ans, relativement jolie, famille riche. Le père a un resto, les clients (beaucoup de blancs) sont nombreux. Un repas y coûte le salaire d’un ouvrier pendant… ouf, pendant longtemps. La fille a, selon les critères locaux, assez d’argent. Elle n’est pas du tout en mode « survie ».

La fille a passé la journée avec moi. Là, le soir arrivé, elle veut coucher avec moi.

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