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	<title>Etienne Denis &#124; photos, Montréal, voyages et autres &#187; Petites histoires</title>
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	<description>Site Web personnel d'Étienne Denis</description>
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		<title>Le Collège Laval a bien changé&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 13:10:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Collège Laval a bien changé depuis l&#8217;époque, lointaine, où j&#8217;y étais pensionnaire. A l&#8217;époque, le collègue était géré par des frères, la cravate était obligatoire pour tout le monde (euh&#8230; il n&#8217;y avait pas de filles, évidemment) mais c&#8217;était cool parce qu&#8217;on n&#8217;était pas obligé de porter le veston. Je veux dire, il fallait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le <strong>Collège Laval</strong> a bien changé depuis l&#8217;époque, lointaine, où j&#8217;y étais pensionnaire. A l&#8217;époque, le collègue était géré par des frères, la cravate était obligatoire pour tout le monde (euh&#8230; il n&#8217;y avait pas de filles, évidemment) mais c&#8217;était cool parce qu&#8217;on n&#8217;était pas obligé de porter le veston. Je veux dire, il fallait bien sûr avoir un veston, mais on pouvait le déposer sur le dossier de la chaise.</p>
<p>Le Collège Laval a bien changé : je ne reconnais même pas les lieux où tout ça a été filmé!</p>
<p><object width="560" height="340"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/akDWmif3dY0&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/akDWmif3dY0&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="560" height="340"></embed></object></p>
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		<title>La réaction des copains (suite de &#171;&#160;Blackout et journée à l’urgence&#160;&#187;)</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Apr 2009 13:59:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est rigolo les réactions reçues des copains et copines à propos de cette histoire rocambolesque d&#8217;une mauvaise chute, d&#8217;un blackout total et d&#8217;un après-midi à l&#8217;hôpital (lire Blackout et journée à l’urgence pour les détails). Voici quelques réactions reçues par courriel. Chacune d&#8217;entre elle en dit autant sur mon histoire que sur le copain ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est rigolo les réactions reçues des copains et copines à propos de cette histoire rocambolesque d&#8217;une mauvaise chute, d&#8217;un blackout total et d&#8217;un après-midi à l&#8217;hôpital (lire <a href="http://www.etiennedenis.com/petites-histoires/blackout-urgence-553">Blackout et journée à l’urgence</a> pour les détails).</p>
<p>Voici quelques réactions reçues par courriel. Chacune d&#8217;entre elle en dit autant sur mon histoire que sur le copain ou la copine en question.</p>
<p><span id="more-554"></span></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="padding-left: 60px;">&laquo;&nbsp;Je pense encore à ton histoire, et ça me préoccupe&#8230; Tu écris que tu étais sur le côté passager&#8230; sans préciser de quel côté de la rue était ta voiture&#8230; Lors de l&#8217;impact, étais-tu sur le trottoir ou dans la rue? Dans ce dernier cas, il n&#8217;est pas impossible qu&#8217;<strong>un véhicule soit passé sur la rue et t&#8217;aie cogné</strong>. Si tu étais sur le trottoir, la cause de l&#8217;impact est dure à imaginer&#8230; Mais décidément, ça me travaille&#8230; &laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="padding-left: 60px;">&laquo;&nbsp;Assez génial ton histoire, comme si un <strong>mal étrange venait de frapper la terre entière</strong> et toi tu es le premier à subir les foudres de l&#8217;arme translucide portée par des êtres invisibles puissants en force et en nombre. J&#8217;ai toujours craint ton rack sur le toit, mais visiblement tes analyses post mortem ne permettent pas de lier l&#8217;objet à la blessure. Si je peux faire quelque chose pour toi, il ne faut pas hésiter.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="padding-left: 60px;">&laquo;&nbsp;Oh&#8230; <strong>Pauvre ptit !!!</strong> Fais-moi signe si tu as besoin de quelque chose&#8230; Je serai chez moi toute la soirée.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="padding-left: 60px;">&laquo;&nbsp;Ouf pour la tête et la mémoire!! Pauvre coco, j&#8217;espère que tu vas mieux. Tu écris bien&#8230;faut que tu écrives ton satané roman un jour. J&#8217;ai ri en lisant les commentaires de tes amis: le ciel qui te tombe sur la tête, un signe pour de dire de moins travailler, un copain qui est heureux que tu penses à lui. Mon explication est simple: l&#8217;indice de ce mystère est au début: ta blonde a dormi chez toi&#8230; donc l&#8217;explication: tu es tombé en amour, &#8230; le coup de foudre, on en perd la tête, avoir la tête ailleurs, &#8230; O.K. Tu vas rétorquer qu&#8217;être en amour ça fait pas mal même ça fait du bien. T&#8217;as raison mais toi t&#8217;as la tête dure (têtu) alors <strong>il te fallait un blackout pour voir clair!! ;-)</strong>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p>Ça, c&#8217;est un échantillon de ce que j&#8217;ai reçu par courriel (d&#8217;ailleurs : merci! :-)). Lire aussi les <a href="http://www.etiennedenis.com/petites-histoires/blackout-urgence-553#comments">commentaires</a> ajoutés à mon article.</p>
<p><strong>Et quelques explications de plus.</strong> J&#8217;étais côté rue, donc en théorie j&#8217;aurais pu avoir été frappé par une voiture. Sauf qu&#8217;aucune de mes blessures ne ressembles à celles qu&#8217;aurait pu faire une voiture. J&#8217;ai eu un impact à la tempe gauche (par un objet contondant, probablement le fameux rack), la peau râpée au front et au coude droit (certainement par le sol: j&#8217;y ai trouvé de la gravelle incrustée dans la plaie), des douleurs aux articulations du coude et de l&#8217;épaule droite (comme si j&#8217;étais tombé sur mon coude droit, bras sur le côté du corps et avant-bras vers le haut &#8211; outch!, l&#8217;épaule est d&#8217;ailleurs ce qui fait le plus mal ce matin).</p>
<p><strong>Comment ça s&#8217;est passé?</strong> J&#8217;ai revisité les lieux du crime. Je conclus que ça aurait pris &laquo;&nbsp;beaucoup de talent&nbsp;&raquo; pour me frapper la tête sur le rack en sortant de l&#8217;auto, ou du moins frapper le rack non seulement avec ma temps gauche, mais aussi assez fort pour perdre la mémoire.</p>
<p>J&#8217;ai peut-être eu une perte de conscience subite, comme si j&#8217;avais eu une crise d&#8217;épilepsie ou une hypoglycémie? Les médecins n&#8217;ont trouvé aucun signe précurseur, ni aucun symptôme. Mais il y a plusieurs bugs de santé qui arrivent sans qu&#8217;on ait détecté de signe précurseur. Je vais être attention.</p>
<p>Frappé par derrière par un inconnu? Il aurait quand même pris le laptop que je venais de déposer! Je n&#8217;y crois pas.</p>
<p>Je suppose que j&#8217;ai <strong>simplement perdu pied</strong> (mais&#8230; à cause de quoi?), et que ma tempe a frappé le bout de la barre du rack avant que j&#8217;aie pu arrêter ma chute, ce qui m&#8217;aura d&#8217;ailleurs instantanément ôté toute capacité d&#8217;arrêter la chute. S&#8217;en suivent le front et le coude qui visitent l&#8217;asphalte sans que la chute n&#8217;ait été amortie par les genoux ou le reste du corps.</p>
<p>À moins que ça soit le début d&#8217;une attaque d&#8217;extra-terrestres, comme le suppose mon ami à l&#8217;imagination si délirante. :-)</p>
<p>Entre temps, je prends note du commentaire répété par plusieurs : je travaille trop. Le weekend est d&#8217;ailleurs sous le signe du repos.</p>
<hr />
<p><strong>Mise à jour cinq mois plus tard </strong>:</p>
<ul>
<li>Ça aura finalement pris 3 semaines avant que je ne retourne au travail.</li>
<li>Cinq mois plus tard, l&#8217;épaule est &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; guérie.</li>
<li>J&#8217;ai simulé les événements pour voir comment j&#8217;aurais pu tomber et me blesser ainsi. Ma conclusion est que je me suis fait frapper par une voiture. La dame qui m&#8217;a offert de l&#8217;aide, que j&#8217;ai refusée dans ma confusion, était peut-être la conductrice.</li>
</ul>
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		<item>
		<title>Blackout et journée à l&#8217;urgence</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 23:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne sais pas comment c&#8217;est arrivé. Vers 10h45 ce matin, je suis à côté de ma voiture, sur la rue en face de chez moi. Journée ensoleillée, ça fait un bon trois heures que je suis levé, j&#8217;ai été actif, je me sens en pleine forme, je suis de bonne humeur. Je dépose mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Je ne sais pas comment c&#8217;est arrivé.</strong> Vers 10h45 ce matin, je suis à côté de ma voiture, sur la rue en face de chez moi. Journée ensoleillée, ça fait un bon trois heures que je suis levé, j&#8217;ai été actif, je me sens en pleine forme, je suis de bonne humeur. Je dépose mon laptop sur le banc avant côté passager et ouvre la portière arrière pour prendre mon manteau.</p>
<p>Il y a un blackout.</p>
<p>Zéro souvenir pendant deux, cinq, dix secondes&#8230; Peut-être plus?</p>
<p>Le prochain souvenir est que je m&#8217;assoie à l&#8217;avant, côté passager. J&#8217;ai le front en sang. Je suis confus. Je transpire. Je laisse la porte ouverte: j&#8217;ai peur de perdre connaissance. Je ne vois pas l&#8217;immense bosse qui ornera ma tempe droite: placez votre cellulaire sur votre tempe, vous avez une idée de la forme que prendra mon crane.<span id="more-553"></span></p>
<p>Je suppose que je suis tombé. <strong>C&#8217;est l&#8217;idée que j&#8217;ais alors : je suis tombé.</strong> Mais je n&#8217;ai aucun souvenir d&#8217;être tombé ou de m&#8217;être relevé. Je suis blessé. J&#8217;entends une femme:</p>
<ul>
<li>Voulez-vous que j&#8217;appelle la police?</li>
<li>Non non, je suis tombé, ça va aller.</li>
</ul>
<p>En réalité, je suis confus. Je ne vois pas la femme qui m&#8217;offre de l&#8217;aide. Je n&#8217;ai aucune idée de ce qui s&#8217;est réellement passé, ni évidement si &laquo;&nbsp;ça va aller&nbsp;&raquo; pour vrai.</p>
<p>Je rentre chez moi. J&#8217;ai l&#8217;idée de m&#8217;allonger. Je ne le fais pas de <strong>peur d&#8217;y perdre conscience</strong>. C&#8217;est que je réalise que je me rappelle très bien avoir un rendez-vous dans 15 minutes avec mon collègue Sébastien, je me rappelle très bien avoir une journée très remplie devant moi&#8230; mais je n&#8217;ai aucune idée de mes autres rendez-vous de la journée.</p>
<p>Je ne me rappelle pas si j&#8217;ai dormi chez moi la veille, ou si j&#8217;ai dormi chez ma toute nouvelle blonde. (Je me rappelle par contre très bien que Manon est ma nouvelle blonde : même traumatisé, mon cerveau se rappelle de ce qui est le plus important! :-). La Manon en question était chez moi le matin même, et j&#8217;aurais dû facilement déduire qu&#8217;elle a dormi chez moi, n&#8217;est-ce pas? Je ne fais pas ce niveau de déduction. La déduction que je me fais est qu&#8217;il ne faut pas que je m&#8217;allonge. Et qu&#8217;il faut que je vois un médecin.</p>
<p>Je laisse un message au bureau. Il y a un stand à taxis au coin de la rue. Je demande l&#8217;urgence. Je ne sais pas quelle est l&#8217;urgence la plus proche. Je me rappelle, voyant le parcours choisi par le chauffeur, qu&#8217;il y a un hôpital juste de l&#8217;autre côté du parc Lafontaine.</p>
<p>A l&#8217;urgence, je vois d&#8217;abord un infirmier, puis je m&#8217;inscris, puis je dois revenir voir l&#8217;infirmier. Je cherche mon chemin. Il y a, entre l&#8217;infirmier et l&#8217;inscription, un total de 10 mètres et une porte battante. Je réalise alors que je suis confus, mais quand on est confus, justement, on est trop confus pour vraiment s&#8217;en rendre compte. Donc je réalise que je suis confus, mais <strong>je ne réalise pas à quel point je suis confus</strong>.</p>
<p>J&#8217;ai mal au bras. J<strong>&#8216;ai le coude droit en sang</strong>, comme le front. Je suppose qu&#8217;on m&#8217;aura alors placé sur une civière, parce que j&#8217;ai passé le reste de la journée sur une civière.</p>
<p>On me transporte dans les couloirs intérieurs. J&#8217;attends. On vient me voir, me pose des questions. Ai-je des problèmes de santé? Quelle quantité d&#8217;alcool que je bois par semaine? Est-ce que je me pique? J&#8217;attends. On prend ma pression, on me fait un électrocardiogramme. J&#8217;attends.</p>
<p>Ca aura pris peut-être une heure, peut-être une heure trente pour que je passe un scan.<br />
J&#8217;ai avec moi mon sac à laptop (j&#8217;avais prévu une longue attente), avec amplement de lecture, mais avant le scan l&#8217;idée que j&#8217;aurais pu lire ne m&#8217;était pas passée à l&#8217;esprit. Au retour du scan, je constate donc que je suis moins confus. J&#8217;entame la lecture de ce document de formation sur la rédaction web que des collègues ont rédigée. J&#8217;aurais pu donner cette formation, et pourtant je dois relire deux ou trois fois certains paragraphes. Je suis moins confus, certes, mais je vois bien que je ne peux pas prétendre ne plus être confus.</p>
<p>Près de moi, un gars que je ne réussis pas à voir est en plein délire religieux. Il est attaché à sa civière. Une jeune fille explique à la médecin que, pour celui que je suppose être son père, ce qu&#8217;il y a de plus important est la partie de hockey à 20h. &laquo;&nbsp;Il ne reste que trois games&#8230;&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Ok, répond la médecin, je vais mettre une notre très claire à son dossier, mais je ne promets rien.&nbsp;&raquo; Puis la médecin rappelle la jeune fille et lui demande si elle peut rester présente. &laquo;&nbsp;Oui&nbsp;&raquo;. Je ne comprends pas le dialogue qui suit, mais la jeune finit par rassurer la médecin: &laquo;&nbsp;J&#8217;ai été agent de sécurité, si ça ça arrive, je vais intervenir.&nbsp;&raquo; J&#8217;entends une infirmière dire à un médecin que son aide était requise à l&#8217;accueil: une série d&#8217;ambulances viennent d&#8217;arriver. Mon cas n&#8217;est pas prioritaire. Je suis en quelques sortes &laquo;&nbsp;en observation&nbsp;&raquo;. Je suis traité avec respect et, considérant que mon cas n&#8217;est pas prioritaire, avec efficacité. Pour les curieux, je suis à l&#8217;hôpital Notre-Dame.</p>
<p>Une autre jeune fille arrive. Elle porte le sarrau et le stéthoscope. Elle est interne. Elle me fait passer des tests neurologiques : tests de vision, de mémoire, de réflexes, etc. Je dois suivre son doigt qui bouge jusqu&#8217;aux extrêmes de mon champs de vision, lui réciter les mois de l&#8217;année en sens inverse, me rappeler &laquo;&nbsp;soulier, brun, honnêteté&nbsp;&raquo; et lui répéter ces trois mots 10 minutes plus tard. Son patron, le &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; neurologue, viendra confirmer ça plus tard.</p>
<p>Changement de département, c&#8217;est la radio du coude.</p>
<p>Je vois ensuite le &laquo;&nbsp;patron&nbsp;&raquo; de l&#8217;interne, qui me repose quelques questions et prends le temps de discuter avec moi.</p>
<p>Il m&#8217;explique que, suite à un coup à la tête, il est normal que 10 ou 15 secondes de mémoire s&#8217;effacent. Rien dans mon dossier médical n&#8217;indique que je pourrais perdre connaissance, mais visiblement je suis tombé (je lui avais dit que mes plaies au front et au coude avaient du gravier dedans). Il m&#8217;explique que la forme de la bosse à ma tempe un suppose un impact avec un objet contondant. Une chute au sol fait plus une meurtrissure&#8230; Est-ce que je me suis cogné contre le coin de la porte d&#8217;auto? Contre mon rack qui dépasse un peu du toit? Je ne sais pas, je risque de ne jamais savoir.</p>
<p>Ce rack est là depuis 6 ou 7 ans, et jamais je ne me cogné dessus&#8230; Là je me serais non seulement cogné, mais en plus je me serais cogné assez fort pour faire une telle bosse sur la tête? Le neurologue suppose quand même que je me suis cogné contre le rack de mon auto, et suppose surtout que jamais je ne connaîtrai la vérité.</p>
<p>Ou est-ce que quelqu&#8217;un m&#8217;aurait frappé dans mon dos? C&#8217;est comme si quelqu&#8217;un était venu dans mon dos sans que je l&#8217;entende, et m&#8217;avait frappé en prenant fuite. Ce n&#8217;est pas logique, je sais, à ma connaissance personne ne me veut du mal (hé, je suis un criss de bon gars!)&#8230; et un voleur serait parti avec mon laptop! Mais je me suis posé cette question parce que la femme qui m&#8217;a offert de l&#8217;aide ne m&#8217;a pas demandé si je voulais qu&#8217;elle appelle une ambulance. Elle m&#8217;a demandé si je voulais qu&#8217;elle appelle la police. A-t-elle vu quelque chose que j&#8217;ignore?</p>
<p><strong>Tous les tests et indicateurs sont normaux</strong> : scans, radios, historique, etc. Je me suis peut-être simplement cogné très fort, avec probablement pas d&#8217;impact à moyen ou long terme. Je suis probablement quitte pour quelques jours de repos.</p>
<p><strong>Mais qu&#8217;est-ce qui réellement est arrivé? </strong>Au retour de l&#8217;hôpital, en fin d&#8217;après-midi, j&#8217;ai longuement regardé autours de ma voiture. Je n&#8217;y ai trouvé aucun indice. J&#8217;ai remarqué par contre que l&#8217;un des boutons de la télécommande de mon système d&#8217;alarme était brisé. Hum? J&#8217;ai remarqué aussi que dans la fameuse bosse, faite par un objet contondant selon le médecin, la peau avait deux déchirures, de haut vers le bas (ou du bas vers le haut?), plus ou moins parallèle, à environ un centimètre de distance. Ca n&#8217;a pas la forme d&#8217;un rack de voiture.</p>
<p>Je ne comprends pas.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous ne saurez probablement jamais avec certitude ce qui s&#8217;est passé&nbsp;&raquo; m&#8217;a bien averti le neurologue&#8230; J&#8217;arrive à la même conclusion que lui.</p>
<p>J&#8217;ai pris deux ibuprofènes. J&#8217;ai écris ce texte. J&#8217;ai ouvert une bière et soupé avec un tack-out thaï du coin de la rue. Je n&#8217;ai pas mal à la tête, mais disons avec un certain euphémisme que je sens la peau de mon crâne un tantinet sensible. On me recommande d&#8217;ici lundi de ne pas faire de travaux en hauteur et de ne pas conduire à moins que ça soit essentiel. Demain je ne rentrerai pas au bureau, peu importe la charge de travail à faire.</p>
<p>C&#8217;est la première fois que j&#8217;ai un blackout comme ça.</p>
<hr />
<p><strong>Mise à jour cinq mois plus tard </strong>:</p>
<ul>
<li>L&#8217;épaule est &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; guérie depuis hier. Le reste est ok depuis longtemps.</li>
<li>J&#8217;ai simulé les événements pour voir comment j&#8217;aurais pu tomber et me blesser ainsi. Ma conclusion est que je me suis fait frapper par une voiture. La dame qui m&#8217;a offert de l&#8217;aide, que j&#8217;ai refusée dans ma confusion, était peut-être la conductrice.</li>
</ul>
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		<item>
		<title>La deuxième chaise</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/petites-histoires/deuxieme-chaise-545</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 16:35:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis au soleil. Assis dans la vitrine du Starbucks de l&#8217;avenue Mont-Royal, en plein soleil du matin et au chaud. Dehors il fait -12. On est samedi. J&#8217;écris à Stéphanie qui habite au Sierra Leone. Une jeune femme s&#8217;installe à quelques pas. Elle prend une deuxième chaise pour y déposer ses choses. Sa voisine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis au soleil. Assis dans la vitrine du Starbucks de l&#8217;avenue Mont-Royal, en plein soleil du matin et au chaud. Dehors il fait -12. On est samedi. J&#8217;écris à Stéphanie qui habite au Sierra Leone. Une jeune femme s&#8217;installe à quelques pas. Elle prend une deuxième chaise pour y déposer ses choses. Sa voisine lui passe un commentaire que je n&#8217;entends pas. Elle répond &laquo;&nbsp;je m&#8217;installe&nbsp;&raquo;. La voisine lui dit quelque chose d&#8217;autre. La jeune femme s&#8217;offusque &laquo;&nbsp;s&#8217;il faut que je me fasse juger&#8230;&nbsp;&raquo; Elle se lève et va replacer la chaise fautive. Je compte une bonne douzaine de chaises vides autour. Un autre client s&#8217;en mêle. Quelques phrases ironiques s&#8217;échangent. Dehors, un homme fouille la poubelle. Un camion de pompier passe. Un bambin de trois ans est tout énervé. Tout le monde retourne dans sa bulle. La voisine sort fumer une smoke. En revenant, elle dépose son manteau sur une deuxième chaise. Dans les haut-parleurs, un crooneur chante &laquo;&nbsp;When you kiss a dollar bill it doesn&#8217;t kiss you back.&nbsp;&raquo; Mon café est tiède.</p>
<hr />
<p>D&#8217;autres petites histoires au style plus ou moins similaire sur ce blogue :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.etiennedenis.com/autres/discussion-fictive-au-cours-de-yoga-273">Discussion fictive au cours de Yoga</a></li>
<li><a href="http://www.etiennedenis.com/montreal/le-petit-garcon-aux-allumettes-196">Le petit garçon aux allumettes</a></li>
<li><a href="http://www.etiennedenis.com/voyages/cameroun-2007/un-photographe-a-douala-185">Un photographe à Douala</a></li>
<li><a href="http://www.etiennedenis.com/voyages/cameroun-2007/un-photographe-a-douala-185">Le souvenir</a></li>
</ul>
<p>Et pour vous faire une idée du parcours de Stéphanie avant d&#8217;aboutir au Sierra Leone:</p>
<ul>
<li><a href="http://www.etiennedenis.com/voyages/cameroun-2007/depart-dans-la-tempete-155">Départ dans la tempête</a> (je partais alors pour le Cameroun)</li>
</ul>
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		<title>Ne travaillez pas ce soir</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/video/agent-provocateur-530</link>
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		<pubDate>Sat, 14 Feb 2009 14:13:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Les gars, Agent provocateur vous rappelle très gentiment que vous ne devez absolument pas travailler ce soir!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les gars, <a href="http://www.agentprovocateur.com/" title="Agent provocateur">Agent provocateur</a> vous rappelle très gentiment que vous ne devez <span style="color: #ff0000;"><strong>absolument pas</strong></span> travailler ce soir!</p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/UQ9C5jBEmfs&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/UQ9C5jBEmfs&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>
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		<title>Phanie dépose sa maîtrise</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/petites-histoires/phanie-depose-sa-maitrise-522</link>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 17:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[Son sujet : comment les gens de Marseille ont vécu la dernière grande épidémie de peste. En théorie, à l&#8217;époque (1720), les Marseillais étaient &#171;&#160;habitués et préparés&#160;&#187; à la peste. En pratique, les choses ne sont pas si simples que ça. Il y aurait même eu des négligences plus ou moins volontaires des autorités ayant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Son sujet : comment les gens de <strong>Marseille</strong> ont vécu la dernière grande <strong>épidémie de peste</strong>.</p>
<p>En théorie, à l&#8217;époque (1720), les Marseillais étaient &laquo;&nbsp;habitués et préparés&nbsp;&raquo; à la peste. En pratique, les choses ne sont pas si simples que ça. Il y aurait même eu des négligences plus ou moins volontaires des autorités ayant favorisé l&#8217;épidémie. D&#8217;où l&#8217;intérêt d&#8217;une maîtrise en histoire. Si vous voulez en savoir plus : la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peste_de_Marseille_(1720)">peste de Marseille</a>, sur Wikipedia.</p>
<p>Si c&#8217;est sur Phanie que vous voulez en savoir plus, ben&#8230; euh&#8230; elle est belle, fine, cool et plein d&#8217;autres choses. :-)</p>
<p>Toutes mes félicitations à la très-bientôt-maître-Phanie pour son projet ayant nécessité pas mal de détermination et des centaines d&#8217;heures de jus de cerveau!</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Discussion fictive au cours de yoga</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/autres/discussion-fictive-au-cours-de-yoga-273</link>
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		<pubDate>Sun, 09 Mar 2008 23:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Yoga]]></category>
		<category><![CDATA[À Montréal]]></category>

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		<description><![CDATA[Ceci est une discussion fictive qui pourrait avoir lieu mercredi soir prochain. Moi : Il me semble que le thé n&#8217;est pas assez chaud. Elle : C&#8217;est quand même un thé gratuit&#8230; on est mal placé pour se plaindre. Moi : Je ne me plains pas. C&#8217;est juste que tout le reste est très correct. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ceci est une discussion fictive qui pourrait avoir lieu mercredi soir prochain.</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.lynestroch.com" title="Yoga Montréal" target="_blank"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/yoga-lyne_st-roch.jpg" alt="Yoga Lyne St-Roch" /></a></p>
<p><strong>Moi : </strong>Il me semble que le thé n&#8217;est pas assez chaud.</p>
<p><strong>Elle :</strong> C&#8217;est quand même un thé gratuit&#8230; on est mal placé pour se plaindre.</p>
<p><strong>Moi : </strong>Je ne me plains pas. C&#8217;est juste que tout le reste est très correct. Je suis très exigeant, mais non, je ne me plains pas. A thé gratuit on ne regarde pas la bride&#8230;</p>
<p><strong>Elle : </strong>Tu suis un cours?</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Oui. Le cours de débutant. C&#8217;est ma deuxième soirée. Et toi?</p>
<p><strong>Elle :</strong> Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;a convaincu de commencer à faire du yoga?</p>
<p><strong>Moi :  </strong>A part le fait qu&#8217;il y a beaucoup de jolies filles ici? Je ne sais pas&#8230; le plaisir de me connecter à moi-même&#8230; c&#8217;est dur à dire, je n&#8217;aurais probablement pas pris le cours si un collègue ne m&#8217;avait pas invité.<span id="more-273"></span></p>
<p><strong>Elle :</strong> Tu fais du yoga avec un collègue?</p>
<p><strong>Moi : </strong>Oui. Mais lui il fait du yoga avec sa blonde. (<em>Rires</em>) Je déconnais au début du premier cours. Je disais à Sébastien &#8211; le collègue en question &#8211; que je ne comprenais rien : ni comment les équipes sont séparées, ni comment on fait pour marquer un but. Sébastien est un maniaque de hockey, il a apprécié la perspective je crois.</p>
<p><strong>Elle : </strong>Moi je suis dans le troisième cours de lévitation. (<em>Rires moqueurs</em>)</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Je savais que tu étais une pro du yoga. (<em>Demi ironique</em>)</p>
<p>(Silence)</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Tu ne te sens pas un peu weird quand la prof finit son cours par une séance de &laquo;&nbsp;<em>Oooohmmmmmmmmm</em>&nbsp;&raquo; bien sentie?</p>
<p><strong>Elle : </strong>On apprend vite à faire abstraction de tout l&#8217;aspect ésotérico-hindouiste si ça ne nous intéresse pas. L&#8217;important, c&#8217;est le plaisir de connecter avec son corps.</p>
<p><strong>Moi : </strong>Là, j&#8217;aimerais juste connecter avec une tasse de thé chaud. C&#8217;est ça qui arrive quand on se fixe les attentes trop haut : ça fait depuis dimanche soir que je me dis que je vais boire un thé chaud avec une jolie fille avant le cours de yoga de mercredi.</p>
<p><strong>Elle :</strong> Et alors?</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Ben la fille est effectivement très jolie, mais le thé est presque tiède.</p>
<p><strong>Elle : </strong>Déçu?</p>
<p><strong>Moi : </strong>Ben non, je te l&#8217;ai dit, la fille est effectivement très jolie et qu&#8217;en plus je commence à connecter avec&#8230; On s&#8217;en crisse-tu du thé tu penses?</p>
<p><strong>Elle :</strong> Tu ne trouves pas ça un peu weird d&#8217;écrire cette fabulation-là sur ton blogue? Le dialogue qu&#8217;on a là n&#8217;existe pas, tu l&#8217;as inventé dimanche soir dernier en écrivant sur ton blogue. Surtout qu&#8217;il me semble que tu t&#8217;exposes pas mal en écrivant ainsi&#8230;</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Ben non, puisque ça a la prétention d&#8217;être de la littérature. Tout le monde sait que la littérature n&#8217;est lue par personne!!! (<em>Rires très sonores</em>)</p>
<p><strong>Elle : </strong>De la littérature sur ton blogue&#8230; ?</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Oui, et si tu me dis que c&#8217;est hyper prétentieux et pas du tout à la hauteur, je suis très d&#8217;accord.</p>
<p><strong>Elle : </strong>On va prendre un thé chaud ailleurs après le cours?</p>
<p><strong>Moi :  </strong>Ben non, tout ça n&#8217;est que de la littérature, ce qui veut dire que tu n&#8217;existes pas.</p>
<p><strong>Elle : </strong>C&#8217;est vrai que le thé est un peu tiède.</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.lynestroch.com" title="Yoga Montréal - Lyne St-Roch" target="_blank"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/lyne-st-roch_yoga.jpg" alt="Yoga Lyne St-Roch" /></a></p>
<p>Etienne n&#8217;a aucune idée de la température du thé aux <a href="http://www.lynestroch.com" title="yoga Montréal" target="_blank">Studios Lyne St-Roch</a>, où il prendra son deuxième cours de yoga mercredi prochain. Il goûtera alors au thé pour la première fois. :-)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le petit garçon aux allumettes</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/montreal/le-petit-garcon-aux-allumettes-196</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2008 02:57:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>
		<category><![CDATA[À Montréal]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;accompagne Nathalie jusqu&#8217;au métro Sherbrooke. Nous avons marché dans l&#8217;hiver. Il est 22h. Je lui fais la bise, et ma joue froide s&#8217;attends au plaisir d&#8217;une joue chaude. Mais Nathalie a elle aussi marché dans l&#8217;hiver, bien sûr. Je lui fais un hug et mes salutations. Un ado me demande si j&#8217;ai des allumettes. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;accompagne Nathalie jusqu&#8217;au métro Sherbrooke. Nous avons marché dans l&#8217;hiver. Il est 22h. Je lui fais la bise, et ma joue froide s&#8217;attends au plaisir d&#8217;une joue chaude. Mais Nathalie a elle aussi marché dans l&#8217;hiver, bien sûr. Je lui fais un hug et mes salutations. Un ado me demande si j&#8217;ai des allumettes. Il le demande avec empressement. C&#8217;est un bum. Son regard sent l&#8217;urgence. Je n&#8217;ai pas d&#8217;allumettes, il se détourne et repose la même question au prochain passant. Je sors de la station de métro, je rentre à la maison. Le <strong>petit garçon aux allumettes</strong> repose la même question à tous et chacun. Je continue sur le trottoir. Il court derrière moi. Son grand manteau est ouvert, comme s&#8217;il ne s&#8217;intéressait pas au froid. Il me dépasse sans me voir, il se rend au coin de rue. Il n&#8217;y a aucun passant. Il traversse et se dirige directement au premier bloc appartement. Va-t-il aller sonner aux portes pour avoir du feu?!? C&#8217;est barré. Il va au deuxième bloc. Il ouvre. Regarde à gauche et à droite, surexcité. Il étend son manteau dans un coin sombre et s&#8217;y agenouille. Quelqu&#8217;un lui a donné des allumettes. Il pourra se faire sa dose. Peut-être une seringue de coke. Ou du crack? Je marche sur le trottoir. J&#8217;arrête un taxi et j&#8217;embarque, au chaud.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un photographe à Douala</title>
		<link>http://www.etiennedenis.com/voyages/cameroun-2007/un-photographe-a-douala-185</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2008 21:20:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cameroun 2007]]></category>
		<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Photos de voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[^ &#124; &#124; _ _ Je suis dans l&#8217;un de ces bar-restos populaires de Douala où l&#8217;on ne voit jamais de blanc. Imaginez un bidonville. Prenez un shack au hasard dans votre bidonville imaginaire, enlevez le mur du devant et du côté pour en faire une terrasse recouverte, et voilà, vous avez un portrait assez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/photographe-douala-1-petite.jpg" alt="gars de bar - douala" /></p>
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<p>Je suis dans l&#8217;un de ces bar-restos populaires de Douala où l&#8217;on ne voit jamais de blanc. Imaginez un bidonville. Prenez un <em>shack</em> au hasard dans votre bidonville imaginaire, enlevez le mur du devant et du côté pour en faire une terrasse recouverte, et voilà, vous avez un portrait assez juste du resto.</p>
<p>Il y a quelques gars assis aux tables. Au fond, une fille derrière un comptoir qui sert de la bière. À l&#8217;entrée, un petit barbecue avec des brochettes qui grillent (ça, c&#8217;est la cuisine du resto). Des restes de viandes jetés dans le caniveau, des tonnes de mouches autours de ces restes, plein d&#8217;autos qui klaxonnent&#8230; <strong>C&#8217;est Douala dans ce qu&#8217;il y a de plus typique.</strong></p>
<p>Je prends une bière, il est midi.</p>
<p>C&#8217;est mon dernier jour à Douala. Mon avion part ce soir. Je n&#8217;ai pratiquement pas de photo de Douala. Je n&#8217;osais pas sortir ma caméra. Disons.</p>
<p>Je vais la sortir, et ça s&#8217;avèrera <strong>la plus stressante de mes aventures camerounaises</strong>.</p>
<p><span id="more-185"></span></p>
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<p>La carte mémoire de mon appareil est celle du début du voyage, celle qui contient les photos auxquelles je tiens le moins. C&#8217;est l&#8217;autre carte mémoire qui a les girafes et toutes les photos du nord.</p>
<p>J&#8217;hésite. Je pèse le pour et le contre. Finalement, la bière aidant diront certains, j&#8217;ose. Je sors ma caméra.</p>
<p>Mais je ne la pointe pas. Je tiens ma caméra nonchalamment à a main. Sans viser, la tenant si possible immobile au bout du bras, je commence à prendre des photos.</p>
<p>Mon voisin commence à parler photo avec moi. Je peine à le comprendre même s&#8217;il parle français. Son accent est épouvantable.</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/photographe-douala-2-petite.jpg" alt="Autre gars de bar, Douala" /></p>
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<p> Je prends une quinzaine de photos dans le bar&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/photographe-douala-3-petite.jpg" alt="scène de bar - douala" /></p>
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<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/photographe-douala-4-petite.jpg" alt="Deux clients" /></p>
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<p> Puis je sers ma caméra et je sors.</p>
<p>A l&#8217;autre coin de rue, je m&#8217;assoie pour boire de l&#8217;eau. Même manège avec la caméra au bout du bras, sans viser, en passant le plus inaperçu possible.</p>
<p style="text-align: center" align="center"> <img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/boulevard_de_la_liberte-douala-1-petite.jpg" alt="Boulevard de la Liberté, Douala, Cameroun" /></p>
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<p>Je ne passe pas inaperçu. Je change de coin de rue.</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/boulevard_de_la_liberte-douala-3-petite.jpg" alt="Chauffeur de moto-taxi" /></p>
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<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/boulevard_de_la_liberte-douala-4-petite.jpg" alt="Centre-ville, Douala, Cameroon" /></p>
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<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/boulevard_de_la_liberte-douala-2-petite.jpg" alt="Regard sur le photographe" /></p>
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<p align="left">Je reviens graduellement vers l&#8217;hôtel, je tourne sur l&#8217;avant dernière rue avant l&#8217;hôtel, il y a des écolières en uniforme. C&#8217;est plus calme. Nous sommes, rappelons-le, vers 13h&#8230;</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/akwa-douala-1-petite.jpg" alt="Petite rue, Douala" /></p>
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<p style="text-align: center"><img src="http://www.etiennedenis.com/wp-content/uploads/akwa-douala-2-petite.jpg" alt="Autres regards sur le photographe" /></p>
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<p> Au bout de la rue, un gars m&#8217;aborde.</p>
<p>Jeune, l&#8217;air un peu fendant je trouve, il me demande ce que je fais. Il dit travailler pour les <strong>services de renseignement du président</strong>, il me montre rapidement une carte d&#8217;identité. Je remarque qu&#8217;il n&#8217;y a pas de photos. Ce n&#8217;est pas un agent secret, <strong>c&#8217;est un voleur</strong>.</p>
<p>Je trouve que vraiment, j&#8217;aimerais avoir pas mal plus de gens autour de moi.</p>
<p>Il me dit que prendre des photos est illégal. Je joue le jeu et je lui dis, d&#8217;un ton désinvolte, que c&#8217;est bien sûr légal. Je continue à marcher, il ne me suit pas. Il appelle des complices au cellulaire.</p>
<p>Il me rejoint. Il me dit d&#8217;attendre là ou je suis. Je refuse. Je lui répète que je suis touriste, et que les touristes ont le droit de prendre des photos. Il me demande pourquoi alors de sers ma caméra.</p>
<p>Du con, pourquoi tu penses?</p>
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<p>Un acolyte arrive. <strong>C&#8217;est de moins en moins drôle.</strong></p>
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<p>Je commence à trouver ça énervant. Je leur lance un &laquo;&nbsp;désolé messieurs&nbsp;&raquo; d&#8217;une voix assurée. Ils insistent et me répètent de rester là. Je répète mon &laquo;&nbsp;désolé messieurs&nbsp;&raquo; et je continue à m&#8217;éloigner.</p>
<p>J&#8217;ai en tête des histoires d&#8217;horreurs arrivées ici à des gens que j&#8217;ai rencontrés: ce touriste suisse qui s&#8217;est fait voler son passeport et tout son argent à quelques centaines de mètres d&#8217;ou je suis, et surtout cette Africaine qui s&#8217;est fait kidnappée et qui aurait dû normalement se faire tuer.</p>
<p>Je tourne sur une rue plus achalandée. Je marche près des autos, à la vue de tous. Je marche plus vite. Je tiens fermement mon sac à dos de jour. Au coin, une moto-taxi. &laquo;&nbsp;Chez Air France&nbsp;&raquo;. Je ne prends pas le temps de négocier le prix, évidemment. Je dis chez Air France parce que je me rappelle du <strong>gorille en uniforme</strong> qui y ouvre gentiment la porte.</p>
<p>Je descends de la moto-taxi 100 mètres avant Air France. J&#8217;ai changé d&#8217;idée. Je vais à la banque. Là, les gorilles sont plus nombreux, ils sont armés, et en plus je peux plus facilement prétexter quelque chose pour y passer du temps.</p>
<p><strong>Je crains en effet que mes &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; m&#8217;aient suivi</strong>, se soient regroupés avec l&#8217;arrivée d&#8217;autres complices, et m&#8217;attendent à la porte. Je monte à l&#8217;étage au bureau de change, je demande si un &laquo;&nbsp;Alain Tremblay, un Canadien comme moi&nbsp;&raquo; travaille ici, je dis que je ne suis pas sûr que j&#8217;aie la bonne banque. On me répond non, évidemment, je sais très bien qu&#8217;il n&#8217;y a aucun Alain Tremblay à Douala, mais ça permet d&#8217;avoir une bonne réponse si on me demande ce que je fais là.</p>
<p>Je descends à l&#8217;étage et m&#8217;assis dans un coin qui n&#8217;est pas à la vue de l&#8217;entrée, et je fais semblant de consulter mes notes. Si on me pose des questions, je répondrai que je cherche où j&#8217;ai noté la banque dans laquelle mon ami canadien travaille. Mais je suis blanc, donc on ne me posera pas de question, à part pour savoir si on peut m&#8217;aider.</p>
<p>Je me rends alors compte jusqu&#8217;à quel point <strong>mon coeur bât vite</strong>. Même si ça fait au moins 5 minutes que je suis dans la banque.</p>
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<p>Ouf, j&#8217;essaie de me calmer.</p>
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<p>Mais un doute persiste : et si c&#8217;étaient des vrais policiers en civil? J&#8217;essaie de me résonner, la carte d&#8217;identité n&#8217;avait pas de photo, si c&#8217;était des vrais flics ils m&#8217;auraient d&#8217;abord demandé à moi de m&#8217;identifier&#8230; Anyway prendre des photos est légal&#8230; Mais les gars voulaient <strong>peut-être un pot de vin</strong>, comme c&#8217;est leur habitude d&#8217;en demander? Ou à défaut d&#8217;un pot de vin, ma caméra?</p>
<p>Je commence à réfléchir ce que serait avoir de sérieux troubles avec les policiers (ne pas avoir obéis à un ordre d&#8217;attendre, etc.), surtout le jour de mon départ alors que les délais me feraient rater l&#8217;avion&#8230;</p>
<p>Je réussis à me résonner graduellement.</p>
<p>Non, ce ne sont pas des gars du service de renseignement. Ils ne sont pas flics. Ces gars-là voulaient me &laquo;&nbsp;confisquer&nbsp;&raquo; ma caméra. Des voleurs. C&#8217;est tout.</p>
<p>Je sors de la banque, je regarde autour de moi, j&#8217;arrête un taxi qui est vide et lui demande le prix pour me déposer directement à mon hôtel, ce qui veut dire qu&#8217;<strong>il ne prendra pas d&#8217;autres clients</strong>. J&#8217;ai imaginé, dans ma paranoïa, le taxi bloqué dans le trafic, et les deux gars entrant chacun par une porte&#8230;</p>
<p>J&#8217;entre dans mon hôtel, aucun policier ne m&#8217;y attend. Je suis plus calme, mais pas tout à fait calme quand même.</p>
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<p>J&#8217;ai maintenant quelques photos de Douala que j&#8217;aime bien.</p>
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		<title>Le souvenir</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2008 01:08:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Etienne Denis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cameroun 2007]]></category>
		<category><![CDATA[Petites histoires]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est une histoire que j&#8217;ai souvent racontée à mon retour : au Cameroun, les rapports affectifs et sexuels entre hommes et femmes sont d&#8217;abord et avant tout des rapports économiques. Je le savais, mais le vivre a été un choc. Imaginez la jeune fille, 24 ans, relativement jolie, famille riche. Le père a un resto, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une histoire que j&#8217;ai souvent racontée à mon retour : au Cameroun, les rapports affectifs et sexuels entre hommes et femmes sont d&#8217;abord et avant tout des<strong> rapports économiques</strong>. Je le savais, mais le vivre a été un choc.</p>
<p>Imaginez la jeune fille, 24 ans, relativement jolie, famille riche. Le père a un resto, les clients (beaucoup de blancs) sont nombreux. Un repas y coûte le salaire d&#8217;un ouvrier pendant&#8230; ouf, pendant longtemps. La fille a, selon les critères locaux, assez d&#8217;argent. Elle n&#8217;est pas du tout en mode &laquo;&nbsp;survie&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La fille a passé la journée avec moi. Là, le soir arrivé, <strong>elle veut coucher avec moi</strong>.</p>
<p><span id="more-199"></span> Bon, ça ne m&#8217;intéresse pas trop. Peu importe les raisons.</p>
<p>Je lui explique que je vais bientôt rentrer au Canada, que je pourrai bien échanger deux ou trois emails avec elle, mais que ça n&#8217;ira pas plus loin. Elle peut <strong>oublier l&#8217;idée que je la marie</strong> et que je l&#8217;amène dans mon pays.</p>
<p>Elle veut quand même coucher avec moi. Même si ensuite je rentre dans mon pays. Je n&#8217;ai qu&#8217;à lui laisser un souvenir.</p>
<ul>
<li>Un souvenir?</li>
<li>Oui, un souvenir.</li>
<li>Tu veux dire&#8230; ?</li>
<li>Eh bien, si tu ne me laisses rien, c&#8217;est vide. Ça ne donne rien de coucher avec toi. Si tu me laisse un souvenir, ça me donne quelque chose.</li>
<li>Concrètement, tu veux que je te donne de l&#8217;argent?</li>
<li>Oui c&#8217;est ça. Oui un souvenir quoi!</li>
<li>Euh&#8230; il y a beaucoup de différences culturelles entre le Canada et l&#8217;Afrique. Tu vois, moi, je ne suis pas habitué de payer une fille pour coucher avec. Ça ne se passe pas comme ça au Canada. Je veux dire&#8230; euh&#8230; ça t&#8217;arrive souvent de te faire payer par un blanc pour coucher avec?</li>
<li>Ben oui, c&#8217;est sûr!</li>
<li>C&#8217;est sûr?</li>
<li>Ben oui, plusieurs blancs ont des femmes en Europe. Ils ne peuvent pas me marier, donc c&#8217;est normal qu&#8217;ils me laissent un souvenir.</li>
<li>Ça t&#8217;es arrivé souvent?</li>
<li>Oui.</li>
<li>Ah bon. Je ne sais pas&#8230; Moi je suis habitué qu&#8217;une femme couche avec moi parce que ça lui tente&#8230;. gratuitement je veux dire.</li>
<li>Tu ne laisses jamais de souvenir?</li>
</ul>
<p>Je parle avec un Français qui est au Cameroun depuis 23 ans. Il travaille dans l&#8217;exploitation forrestière.</p>
<ul>
<li>Quand tu vas revenir à Douala, <strong>si tu te cherches une copine</strong>, je peux t&#8217;indiquer des bons restos pour en trouver une.</li>
<li>Ben c&#8217;est que&#8230;</li>
</ul>
<p>Je ne sais pas trop quoi lui répondre. Oui une copine serait bien sympa, mais il ne sait pas que mon voyage tire à sa fin et qu&#8217;au mieux <strong>je vais passer trois jours à Douala avant mon retour à Montréal</strong>.</p>
<p>Disons que ça ne fait pas une relation à long terme!</p>
<ul>
<li>C&#8217;est facile de se faire une copine. Tu lui paies un verre, tu lui paies le repas, puis elle passe la nuit avec toi. Parfois tu lui donnes un peu d&#8217;argent, mais tu n&#8217;es pas toujours obligé. Mais il faut que tu fasses attention avec les filles de la région de Douala.</li>
<li>Faire attention?</li>
<li>Oui, le lendemain matin, très tôt, elles peuvent faire un scandale à l&#8217;hôtel. Elles peuvent hausser le ton. C&#8217;est de bonne guerre, il faut les comprendre&#8230;</li>
</ul>
<p>Je comprends que le blanc sort alors le portefeuille pour faire taire la demoiselle. Et que la demoiselle retourne ensuite à la maison avec pas mal plus d&#8217;argent. Je ne sais pas trop comment expliquer à mon interlocuteur que ce n&#8217;est pas tout à fait le genre de relation que je suis habitué avec mes &laquo;&nbsp;copines&nbsp;&raquo;.</p>
<ul>
<li>Souvent, poursuit-il, on choque les Européens. Ils ne comprennent pas qu&#8217;ici, la prostitution ne se fait pas dans un <strong>contexte judéo-chrétien du bien et du mal</strong>. C&#8217;est considéré comme un besoin comme un autre&#8230; comme manger par exemple. Ce n&#8217;est pas plus immoral que de travailler dans la cuisine d&#8217;un resto.</li>
</ul>
<p>Je ne sais pas s&#8217;il dit vrai. Ou s&#8217;il justifie toutes les baises qu&#8217;il s&#8217;est littéralement payées. Mais je sais que je ne vais pas aux putes à Montréal. Pourquoi j&#8217;irais aux putes à Douala?</p>
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