J’ai récemment présenté sur ce blogue la campagne publicitaire du gouvernement du Québec contre les agressions sexuelles . C’est mon article L’inceste n’existe pas (n’ayez crainte, le titre est juste provocateur). Si ce n’est pas fait, allez lire cet article avant de lire celui-ci.
Cet article a suscité une très belle correspondance avec ma grande amie Carole. Je publie ici un extrait de ce qu’elle m’a dit (avec son autorisation, bien sûr). Tous les mots sont d’elle.
« Je suis d’accord avec toi que trop longtemps et trop souvent ces actes criminels ne sont pas parlés ou que les victimes n’ont pas d’aide. Ce site propose de l’aide aux victimes et aux agresseurs, ce qui est important. Pourtant dans l’aide proposée il n’y a rien de suggéré pour répondre à l’aide nécessaire à la famille.
Comment une famille peut donner du support émotif quand ce qui arrive la dépasse ou la perturbe sans compter l’impact de cet acte dans ses relations habituelles avec l’agresseur, la famille de l’agresseur, le milieu et la communauté?
On demande également à la victime de parler mais comment peut-elle parler sans qu’elle ne soit entendue que comme victime? Ou pire, comme l’initiatrice ou la fautive? Comment entendre le sentiment de culpabilité ressentie par la victime, la famille, l’agresseur? On parle de l’acte criminel et destructeur mais comment peut-on entendre ce qui ne se dit pas ce qui ne doit pas se dire ou ce qui se dit à mi-mot. Tu parles de la victime ou de l’agresseur qui veulent de l’aide. Mais qu’est ce qu’on fait avec ceux qui n’ont pas encore de mot assez forts pour placer cet abus ou inceste?
On oublie également le climat, l’incompréhension, la confusion qui y règne et qui empêche de parler ou même d’entendre. On traite ce sujet comme si c’était une question de système de communication émetteur-récepteur, ou pire comme faute et dénonciation.
Je suis d’accord avec toi que ce site permet au moins aux personnes de savoir qu’il faut en parler, qu’il y a des places pour en parler mais il manque une partie importante: une section d’introduction pour parler de la confusion, du climat et de ce que l’on ne peut dire facilement ou même ressentir à ce moment là.
Il faut bien des années avant que quelqu’un puisse penser ce drame, en parler ou même puisse être entendu. Qu’est ce qu’on fait quand on ne peut pas parler ni être entendu au moment de l’abus? Je crois alors que quelqu’un doit placer ce qui se passe. Que la victime, l’agresseur ou les proches puissent entendre ce qui se place dans cette confusion légitime lors de cet acte illégitime. Peut-être alors pourront-ils se retrouver un peu et s’identifier comme acteur dans ce drame. Peut-être alors la parole et le texte viendront et ensuite la demande d’aide sera entendue.
Que de peut-être… »
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