
Je viens de me taper un petit bijou : « Merlin », de Michel Rio. Oui c’est le Merlin des légendes du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde. Mais oubliez Excalibur et les autres versions fantastiques de l’histoire. Le roman de Rio est quasi historique.
Parce que, oui, le roi Arthur aurait peut-être déjà existé pour vrai…
L’histoire se passe à la chute de l’empire romain. C’est l’époque où Arthur devient roi de ce qui est aujourd’hui la Bretagne et la Grande Bretagne.
Le romain de Rio est minuscule : à peine 151 pages. Voici comment Wikipedia décrit son style :
Ses œuvres souvent brèves, cultivées, se nourrissent volontiers des introspections solitaires de ses personnages et interrogent en filigrane la relation nature-culture. (…)
Le style de Michel Rio est classique et rigoureux, manifestant une exigence vis-à-vis du lecteur qui le place à l’écart d’une partie de la littérature contemporaine. Il sert des récits simples dans lesquels les théories scientifiques, l’érudition littéraire ou historique et l’ironie sont la matière des débats auxquels se livrent des personnages souvent hors du commun, tant par leurs talents ou leur beauté que par leur intelligence.
Le Merlin de Michel Rio n’est pas magicien. C’est la légende qui, des siècles plus tard, aura fait un magicien de cet homme ambitieux, brillant, « faiseur de roi » qui est assez conscient de ses limites pour refuser le trône qui s’offre à lui.
Il n’y a donc pas de magie dans le récit de Rio. Il y a des hommes et des femmes, exceptionnels à bien des égards, des ambitions, des guerres, de la haine et de l’amour… Et beaucoup de contradiction humaine. Je cite le backcover du roman : « Violence des doux, trahison des fidèles, imprévoyance des sages, lascivité des courtois, adultère et inceste des purs, faiblesse des puissants, idéalité des fins et amoralité des moyens. » Et Merlin qui conclut : « Et ma propre cécité de devin. »
J’ai hâte de lire la suite : Morgane.
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