La deuxième chaise
Je suis au soleil. Assis dans la vitrine du Starbucks de l’avenue Mont-Royal, en plein soleil du matin et au chaud. Dehors il fait -12. On est samedi. J’écris à Stéphanie qui habite au Sierra Leone. Une jeune femme s’installe à quelques pas. Elle prend une deuxième chaise pour y déposer ses choses. Sa voisine lui passe un commentaire que je n’entends pas. Elle répond « je m’installe ». La voisine lui dit quelque chose d’autre. La jeune femme s’offusque « s’il faut que je me fasse juger… » Elle se lève et va replacer la chaise fautive. Je compte une bonne douzaine de chaises vides autour. Un autre client s’en mêle. Quelques phrases ironiques s’échangent. Dehors, un homme fouille la poubelle. Un camion de pompier passe. Un bambin de trois ans est tout énervé. Tout le monde retourne dans sa bulle. La voisine sort fumer une smoke. En revenant, elle dépose son manteau sur une deuxième chaise. Dans les haut-parleurs, un crooneur chante « When you kiss a dollar bill it doesn’t kiss you back. » Mon café est tiède.
D’autres petites histoires au style plus ou moins similaire sur ce blogue :
- Discussion fictive au cours de Yoga
- Le petit garçon aux allumettes
- Un photographe à Douala
- Le souvenir
Et pour vous faire une idée du parcours de Stéphanie avant d’aboutir au Sierra Leone:
- Départ dans la tempête (je partais alors pour le Cameroun)