Canot sur la rivière du Nord – parc Tursujuq


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L’arrivée sera à Umiujaq, un petit village de 350 Inuits sur le bord de la Baie d’Hudson.


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RIVIÈRE DU NORD – PARC TURSUJUQ

C’est mon projet de l’été : descendre la rivière du Nord en canot, dans le (futur) parc Tursujuq, près de Umiujaq au Nunavik.

Le départ se fera du lac à l’Eau-Claire (le 2e plus grand lac au Québec, causé par le double impact d’un météorite), à plus de 300 kilomètres au nord de la dernière route de gravelle de l’autre bout de la Baie James.
Donc après 1700 kilomètres en auto (dont 360 kilomètres hors du réseau « officiel »), il faut noliser un hydravion qui monte passager, bagages et canot 300 kilomètres de plus au nord.

On remarque quand la dernière phrase « passager » est au singulier. C’est un voyage en solitaire. Ça va être très zen.

Ça va aussi être un peu aventurier, puisque à ma connaissance personne n’a déjà descendu cette rivière en canot-camping. Je suppose que quelques Cris l’ont au cours des derniers siècles, mais je n’ai aucune mention, donc aucune description autre que ce qu’on peut voir sur des cartes topos et sur les photos satellites de Google map.

Voilà ce que ça donne. Du lac à l’Eau-claire, je vais faire un court portage pour changer de bassin versant et accéder au lac de tête (la rivière du Nord ne prends pas sa source dans le lac à l’Eau-Claire, mais juste à côté). De là ça sera des petits lacs entrecoupés de minuscules ruisseaux (portages?), et graduellement la rivière grossira. Les cartes topos indiquent plusieurs rapides, mais c’est impossible de savoir s’ils sont faciles ou au contraire infranchissables. Après 140 kilomètres, la rivière se termine par 4 kilomètres qui semblent plutôt monstrueux (la rivière descend de 85 mètres!). Ça sera probablement un portage là aussi. La rivière se jette dans le lac Guillaume-Delisle, qui connecte directement à la baie d’Hudson (et qui est donc saumâtre). Après avoir traversé le lac, j’aurai 2 kilomètres de portage pour me rendre à une route, d’où je ne serai qu’à 8 ou 10 km du village. Je ne suis pas inquiet de trouver un Inuit assez gentil pour aider le pauvre touriste solitaire que je serai à transporter son canot et ses bagages en pickup.

De là, le canot sera expédié par voie maritime jusqu’à Montréal (je devrais le recevoir à l’automne), et moi je rentrerai par Air Inuit. Le dernier détail logistique à régler est l’auto : dans cette histoire-là, elle est restée stationnée au bout du monde. Faudra bien trouver une façon de la faire revenir à Montréal.

Évidemment, c’est en autonomie complète. Je transporterai trois semaines de nourriture, tout le matériel de camping et de sécurité, etc.

Ça sera mon troisième voyage dans le grand nord, mais mon premier en solitaire. Pour vous donner une idée du pourquoi y retourner, voici un vidéo pris sur le lac Guillaume-Delisle.

Toute la région sera incluse dans un nouveau parc national, le parc Tursujuq, qui sera créé cet été.

Durée : 27 jours, dont 22 sur la rivière :

  • 10 jours de canot (14 km/j, ce qui est très raisonnable)
  • 10 jours de rando (pensez terrain accidenté et pas d’arbre pour bloquer la vue)
  • 2 jours de portage

Autres activités :

  • rédaction
  • lecture
  • photographie
  • observation d’étoiles et d’aurores boréales
  • pêche, pêche, pêche

Beau projet de vacances, peut-être pas toujours reposant, mais assurément très dépaysant.

Une réflexion au sujet de « Canot sur la rivière du Nord – parc Tursujuq »

  1. Cette expédition semble incroyable, époustouflante, et si jamais vous en faites un jour une présentation audio-visuelle pour le public, je serais très intéressée d’y assister. Merci

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