De Hong Kong à Hanoï


Quand j’ai posté mon itinéraire sur facebook, Philippe a commenté en disant que Hong Kong n’est qu’un immense centre d’achat. C’est un point de vue. Nathalie a d’ailleurs répliqué qu’elle n’était pas du tout d’accord. C’est un autre point de vue.

Au sujet des points de vue, juste derrière le centre-ville de Hong Kong, il y a une montagne, un peu à la façon de notre Mont-Royal. Mais tout est démesuré à Hong Kong, et le peak est pas mal plus abrupte, et pas mal plus haut que notre petit monticule urbain. On peut s’y rendre à pied, ou en voiture, mais les touristes empruntent le peak tramway, qui y monte en ligne droite.

Au sommet, sur la plate-forme qui y donne un point de vue époustouflant, j’ai ai rencontré Craig, un New-Yorkais d’origine, habitant au Colorado, ex-professionnel de la finance qui voyage en Asie pour faire de la photo en attendant le début de son contrat de prof d’histoire (!) (oui, il a changé de carrière) dans une ville en Chine dont je n’ai pas retenu le nom (c’est du chinois quand même;-).

Je disais à Creig (merde, ça s’écrit avec un a ou un e?) que Hong Kong a pratiquement le double de gratte-ciel que New York. Il me disait que la mégapole chinoise lui fait effectivement penser à la mégapole américaine, où il a quand même bossé pendant 15 ans, sauf que les choses sont plus vites, et surtout que tout y est encore plus tassées à Hong Kong qu’à New York.

Sous cette plate-forme, trois étages. La municipalité a eu la brillante idée d’un faire un musée qui raconte l’histoire passionnante de la ville : les premiers habitants à peine issus du moyen-âge, la prise de possession de cette île peu habitée par les Britanniques, l’essor du commerce et de la population, l’occupation japonaise durant la deuxième guerre mondiale, la libération et la montée de la ville comme centre de commerce mondial, le retour à la Chine et l’entente particulière qui fait de Hong Kong une région plus ou moins indépendante…

Eh bien non, justement, c’est Hong Kong. L’idée de faire de cet endroit magnifique quelque chose de magnifique est absolument incompatible avec l’esprit de la ville. Il y a donc trois étages sous la plate-forme d’observation (plate-forme à accès payant, évidemment), mais ces trois étages occupés par une tonne de boutiques et autres Starbucks. À vendre : des babioles de luxe qui coûtent cher, genre centre d’achat de centre-ville, rien qui relèverait de la culture (à part un musée de cire sur le vedettariat américain) ou d’un autre truc dont on ne prend pas possession en 17 versements mensuels sur sa Mastercard Platinium Elite.

Imaginez un New York plein d’Asiatiques (2% de non-chinois, et en 4 jours je n’y ai vu qu’un seul Noir), où chaque pouce carré des rez-de-chaussée est occupé par quelque chose à vendre, du Gucci dans le centre-ville, et des ailerons de requin séchés et autres trucs exotiques dans le quartier ouest où j’avais pris hôtel. C’est d’ailleurs le quartier qu’aimait Nathalie.

N’empêche que c’est ça Hong Kong : un immense centre d’achat. Je dois donner raison à Philippe.

Vu, et ça passait inaperçu même si ça donnait directement sur le trottoir : un chat endormi, couché de tout son long sur les étals de racines et champignons séchés. Oui, un chat qui dort, insouciant, directement sur dans la bouffe à vendre, sous les yeux des clients.

Vu, dans le présentoir à l’entrée d’une boutique hors taxe de l’aéroport : du cidre de glace québécois à 45$ CAN le 250 ml. C’est ça Hong Kong.

Je suis content d’avoir vu Hong Kong. Je n’ai pas aimé mais je suis content d’avoir vu. L’énergie de la ville est très intense, avec quelque chose de très beau dans sa laideur, et quelque chose de très superficiel dans sa beauté.

J’ai quitté Hong Kong avec Vietnam Airlines, ils sont un peu moins paranoïaque côté sécurité que les Américains, le service y est donné en vietnamien, en chinois et accessoirement en anglais. Je me sentais à l’autre bout du monde, et j’y étais, pendant qu’à l’écran défilait un gag de Juste pour rire filmé dans le parc Lafontaine, à 7 minutes et 1/4 de chez moi. Notre monde s’est mondialisé.

Je viens d’arriver à Hanoï. J’écris ceci sur une terrasse, au milieu de la soirée, sur le bord du petit lac d’un parc urbain. Imaginez le parc Lafontaine, mais en un peu plus petit, et occupé à 80% par un lac. Je suis en plein quartier touristique, le personnel s’amuse en servant les clients, il y a un couple de blancs à la quatrième table sur ma droite (les autres semblent moitié-moité locaux et touristes asiatiques). Il fait frais (lire : il y une brise qui coupe le 28C – nous sommes en soirée, dois-je le rappeler? – , et le 98% d’humidité) (je n’invente pas, c’est les conditions météo actuelles, telles que diffusées sur le web).

La chose qui me frappe le plus à mon arrivée à Hanoï? J’avaislu que le Vietnam était le paradis du vélo, qu’en ville tout le monde circulent à vélo. Ça a déjà été vrai je suppose, mais tout le monde s’est acheté une mobilette. Ça circule en total chaos, 7 ou 8 de large, et ça forme un courant continu (des feux de circulation? pourquoi faire?).

Si à Montréal on est bons pour traverser le trafic à pied entre deux coins de rue, d’un point de vue de Montréalais moyen ici traverser la rue relève du sport extrême. La technique est pourtant simple : on attend que le flux diminue un peu, et on traverse en ayant confiance que les 30 ou 40 mobilettes et peut-être deux ou trois autos qui vont croiser notre chemin sauront nous contourner. Ça passe partout autour et on se rend de l’autre côté d’un pas plus ou moins continu. Il y a quelque chose de coulant là dedans. Il faut sentir le flow. Ici, traverser la rue se fait avec le côté droit du cerveau,.

Je me sens très bien à Hanoï. Je sens que je vais aimer. Dans quatre jours, ça sera le Laos pour trois semaines et demi.

Je donnerai peut-être des nouvelles rendu là-bas. Peut-être pas.

[Message à Mélanie : merci pour le phot crash course. Très utile. Les photos que je publie ici, durant mon voyage, ne sont pas mes meilleures. Elles sont d’ailleurs à peine traitées avec le micro laptop fisher price que j’ai apporté. Je te montrerai au retour ce que ton « élève » aura réussi à faire.]