Interprétations archéologiques

Parmi les premiers égyptiens

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Je ne m’y connais strictement rien en archéologie. Ou du moins, je ne m’y connais pas plus, pas moins, que l’homme cultivé moyen. Ce qui veut dire très peu.

Ce qui veut dire que mon opinion est aussi impertinente que celle de l’homme cultivé moyen doté d’un bon sens critique.

Et les petits panneaux explicatifs à côté de tous ces objets venant du passé soulèvent parfois quelques questions chez l’homme cultivé moyen doté d’un bon sens critique. Je m’explique.

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Je me rappelle avoir déjà lu quelque part l’évolution du mot « aimer ». En simlifiant un peu : à un moment donné durant le Moyen-âge, quelques chevaliers excentriques se sont un peu élevés au-dessus de la barbarie ambiante et ont inventé l’amour courtois. Grosso modo, ils se sont dit qu’ils avaient beau être des brutes sanguinaires, ça ne devraient pas les empêcher de mettre genou à terre devant la beauté et de réciter quelques poèmes aux princesses en manque de conquérant.

Le sens du mot « aimer » a alors débordé du contexte d’adoration religieuse et a commencé à s’appliquer aux hommes (aux femmes en fait). Si j’ai bien compris, avant cette époque, on pouvait bien croire qu’un homme pouvait aimer Dieux (au sens de l’adorer, et non au sens actuel), mais c’était une petite révolution culturelle que de l’appliquer à un chrétien.

Qu’est-ce que le Christ voulait dire par « Aimez-vous les uns les autres ». Est-ce qu’il parlait de l’amour « normal » entre personnes, tel qu’on le conçoit actuellement? Ou était-ce un appel à traiter l’autre avec le même égart qu’un dieu? Ou le concept original est-il encore plus loin, par exemple proche de l’idée de dépendre des autres comme on dépend de dieu?

Parfois, des nuances de traduction peuvent avoir des impacts importants. L’un des 10 commandements se traduit par « tu ne tueras point ». Or, certains préfèrent « tu ne commettra pas d’assassinat ». La nuance de traduction autorise ou interdit la peine de mort et le droit de faire la guerre.

L’idée à retenir est que le sens d’un mot, et de tous les interprétations achéologiues qui en dépendent, évolue au fil des siècles.

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La pierre de Rossette : clé de l’égyptologie

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Le même texte est repris en trois langues, dont l’ancien égyptien
et deux autres langues que nous déchiffrons depuis longtemps

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Dans mon exemple il y a filiation des civilisations. La Judée d’il y a 2000 ans est en ligne directe avec l’Occident que nous connaissons. On va donc ajouter une autre difficulté: imaginez que les textes à décihffrer appartiennent à une civilisation étrangère disparue il y a 2000 ans…

D’où mon interrogation sur certains panneaux explicatifs dans le musée. Par exemple, on y décrit comment un homme est mort, des millénaires après que son cadavre soit inhumé : étranglé, crâne fracassé, etc. Ca, un simple exament permet de le savoir. On pousse l’analyse plus loin et trouve du pollen de gui dans son estomac.

On saute donc aux conclusions : puisque les blessures sont plus nombreuses que nécessaire, et puisque le gui est une plante utilisée dans les rituels druidiques, il s’agit obligatoirement d’un sacrifice humain religieux, et le panneau d’interprétation l’affirme comme si c’était un fait indiscutable.

Euh… Un crime passionnel peut-être? Comme si on n’avait jamais vu quelqu’un poignardé 42 fois, dont 41 de trop! Du gui dans l’estomac? Peut-être que c’était fréquent à l’époque. Des objets de valeur enterrés avec la victime? Peut-être que ça aussi c’était fréquent, du moins chez les riches. Avec les mêmes données, on peut donc raconter une histoire complètement différente : un crime passionnel, motivé par une jalousie politique ou amoureuse. La victime est riche et puissante et ses proches lui font un enterrement digne de son rang. Exit tous les rituels religieux.

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Mon point ici est que les musées présentent les interprétations comme étant des faits. Sauf de très rares exceptions, on ne nous présente jamais deux interprétations concurrentes. On raconte plutôt l’histoire de la pièce exposée comme si on la connaissait avec certitude. Comme si c’était toujours des données objectives incontestables? Or on nage en pleine interprétation.

Et on passe à côté d’une belle occasion de vulgariser le doute, qui est la base de la méthode scientifique. L’histoire et l’archéologie se veulent pourtant des sciences.

C’est du moins ma conclusion d’homme cultivé moyen qui se pose des questions et qui a été longtemps journaliste scitifique. ;-)

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Un tablette d’hiéroglyphes… endomagée pour moudre du blé

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